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la guerre en kabylie 1954-1962
03/03/2008 15:13
9 Préface Un chasseur alpin raconte sa vie. Un fils de « fellagha » raconte la sienne. Ce qu’elles ont de communs, ces deux existences : le lieu du déroulement du drame, Iferhounéne, un village kabyle posté depuis l’ère des quinqué gentii1 sur un mamelon qui fait face à l’imposante chaîne du djurdjura. En y installant leur camp dés 1956, les forces d’occupation avaient visé un objectif stratégique, inspiré de la nature même du relief escarpé et de la position dominante du chef lieu de cette portion du territoire algérien : Observer les mouvements des villages environnants : Tifilkout, Ait arbi, Ait Hamou, Ait Mansour, Barber, Taourirt Ali Ouanacer, Tikilsa. Quant à Haadouche et les autres, même cachés, ils ne seront qu’à quelques minutes de marche de là, à portée de canon. Jadis panorama touristique pittoresque, le Djurdjura allait, des années durant, offrir une image apocalyptique ou se mêlent tous les malheurs d’un peuple marqué par son histoire déjà trop agitée : batailles sanglantes, embuscades, ratissage …torture, viols, exécutions sommaires. Le chasseur et le fils de fellagha, ont passé ensemble une partie de leur vie, face à face, chacun de son coté de la barrière… Du barbelé qui sépare le village du camp militaire. Sans se connaître, ils ont vécu les mêmes événements historiques qu’ils ont ressentis chacun à sa 1 quinqué gentii. Terme romain, utilisé pour designer les 5 premières tribus berbères installées au flan DJURDJURA, appelé par les romains, Mons Ferratus ou montagne de fer, en raison de la résistance farouche opposée à l’occupant. 10 manière, selon ses propres convictions. Différemment, voire parfois même antagonistes, malgré le point commun qui peut rapprocher les hommes dans certaines circonstances, dans leur pensée, deux hommes épris de paix et de justice. Dans la première partie de cette oeuvre ; Le chasseur alpin, nous livre les secrets de cette courte période de son service militaire, passée à livrer bataille malgré lui, à un ennemi invisible, au lieu disait-il, de séjourner en touriste insouciant dans ce qu’en métropole, on appelait, fanfaronnerie ironique « les vacances algériennes. » Je ne dirai rien de sa vie privée, et ne porterai aucun commentaire sur ses sentiments exprimés, dans ce livre qui a le mérite de nous dire des choses authentiques, sans détours, sur le drame vécu par le peuple algérien. Si l’histoire est authentique, les noms des acteurs ont été changés sciemment pour des raisons évidentes de respect de la discrétion. Mais cela ne leur enlève en rien, la reconnaissance du mérite ou la condamnation de l’opinion. Nous laissons le soin sur cet angle, à l’Histoire pour en juger. A coté des faits véridiques endeuillants relatés par le soldat, le narrateur a voulu mettre une place à l’amour, aux sentiments positifs, à travers cette édile pour la Femme, avec un grand F incarnée par YASMINA qui aurait pu s’appeler Lila ou khelidja, ou encore Jacqueline, et résider à Ait El Mansour, Taourirt ou encore Iferhounée, Tifilkout ou Iril El Arbi ou tout simplement Lyon, Marseille, Nantes dans un contexte de paix Cette histoire est le fruit de la pure imagination délirante du soldat français, pour rendre moins pénible, moins cruelle, moins insupportable la vie, quand la mort est devenue la rançon quotidienne pour tous, de quelque coté du conflit où l’on peut se placer. La deuxième partie de ce livre est consacrée aux récits des faits de ces événements à la même période, vu d’un 11 oeil d’enfant innocent, qui n’avait que 4 ans et grandi dans le fracas des armes jusqu’à l’age de 12 ans, pour finir seul, privé de tous ses parents happés par la machine de guerre infernale d’une puissance militaire. Ils sont 8 hommes de la même famille, tous dans la force de l’age, en bonne santé, bien éduqués, lettrés, à être tués par l’armée française, entre 1958 et 1960, tous les armes à la main. Ils étaient, ce que la propagande coloniale appelait « les Fellaghas », et, que l’enfant de la guerre, fils de « fellagha », lui, a toujours pleurés, en secret, dans ses moments de plus grande solitude. Pour lui, il ne subsiste aucun doute : ils sont morts pour leur patrie, en martyrs de la révolution. Cette oeuvre se veut un témoignage fort sur le sacrifice du peuple algérien, le drame des hommes, des femmes et des enfants colonisés, dominés, maltraités, torturés, assassinés. Il est aussi une lueur d’espoir pour les générations montantes de pays développés pour refuser, rejeter le fait colonial et condamner la guerre.
Livre 1 Un soldat français m’a raconté… Un épisode de la guerre d’Algérie qui s’est déroulé dans mon village : Iferhounéne (Kabylie 1958-1960)
Première partie
17 Insouciance Août 1957, la date fatidique approchait, au mois de septembre je serai convoqué pour effectuer mon service militaire. Ainsi une partie de ma vie s’achevait. Ma bicyclette appuyée contre un arbre de la forêt de Senlis, j’étais allongé sur un tapis de mousse et regardais le ciel bleu azur à travers le feuillage d’un chêne centenaire. Mon enfance me revenait en mémoire, toute ma tendre et heureuse jeunesse passée dans ce quartier populaire de la Villette où se côtoyaient Français, Italiens et Algériens sans grande harmonie mais sans trop de problèmes. Les années de guerre avaient eu raison des petites économies de mes parents, consacrées en grande partie à l’achat de denrées payées au prix fort, qui permirent à ma soeur et moi de nous alimenter à peu près correctement. Les instituteurs de l’école primaire de la rue de l’Ourcq m’amenèrent jusqu’au certificat d’études que j’obtins facilement, mais sans grand mérite, car j’apprenais facilement et souvent mes leçons étaient retenues sur le chemin menant à l’école. J’avais passé avec succès l’examen d’entrée en sixième du lycée Colbert, mais mon père, sachant qu’il ne pourrait faire face à de longues et coûteuses études malgré les bourses délivrées chichement, décida que j’apprendrais un métier manuel. J’avais une préférence pour le métier d’électricien, mais ma brave maman, gardienne d’immeu18 ble, (on disait concierge à l’époque, d’une façon moins péjorative que maintenant) avait l’estime de "ses" locataires et au cours d’une conversation avec une demoiselle de l’immeuble, celle-ci lui fit part des avantages des métiers des arts graphiques. C’est ainsi qu’au mois de septembre 1951 la grande famille des typographes comptait un apprenti de plus. Merci chère maman de m’avoir fait épouser le plus beau des métiers, hélas, obsolète aujourd’hui. C’était le début de ma vie professionnelle, mais je ne quittais pas pour autant l’enseignement général ; tous les mercredis pendant quatre ans, je retrouvais les bancs et ateliers de la prestigieuse École Estienne ; les professeurs nous enseignaient avec autorité et compétence de solides cours théoriques et pratiques sur les métiers de l’imprimerie. Tous les soirs je rentrais chez moi vers 17h30 ; après une rapide toilette, je rejoignais mes copains au café "La Mandoline", c’était notre lieu de rencontre habituel ; le petit groupe que nous formions était sans histoire ; tout le monde nous connaissait, les quelques voyous du quartier eux-mêmes nous saluaient, nous avions usé nos fonds de culottes sur les mêmes bancs d’école ; pour eux, nous faisions partie du paysage depuis toujours et ils nous fichaient une paix royale. Nous avions de bons rapports avec les Italiens et les Maghrébins qui malgré leur nombre élevé se faisaient discrets. Après avoir dégusté une ou deux boissons non alcoolisées (le lait grenadine était très à la mode à cette époque), nous "montions" nonchalamment jusqu’au métro "Crimée" pour y retrouver d’autres copains et surtout nos chères copines… J’étais très amoureux de Denise. Avec le recul je pense qu’il s’agissait plutôt d’attirance physique ; ce sentiment qu’inspire une jolie fille de dix-huit ans à un
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Commentaire de sihadj.abdenour (03/03/2008 16:07) :
Abdenour Si Hadj Mohand - Jean Collet
La Guerre vécue
par un chasseur alpin
Abdenour Si Hadj Mohand - Jean Collet
La Guerre vécue
par un chasseur alpin
26,00 Euro
Diffusion : www.publibook.com
La Guerre vécue par un chasseur alpin Abdenour Si Hadj Mohand - Jean
Collet
ISBN
-:UUUUUUUUU:
Iferhounéne (Kabylie) 1954-1962
1957. Jean a tout juste vingt ans. Appelé, il effectue ses classes de
chasseur alpin et embarque pour l’Algérie. Un camp au coeur des
montagnes de Kabylie. Autour, partout et nulle part, l’ennemi.
Invisible. Jadis panorama touristique pittoresque, le Djurdjura va,
des années durant, offrir une image apocalyptique : exactions en
tout genre, torture, viol. Plongé dans un univers qui le transforme,
l’Homme tente de dominer sa sauvagerie. Entre les mensonges
pour rassurer les parents, les patrouilles, les embuscades et les
fouilles de villages, Jean essaie de s’adapter…
En puisant dans leurs souvenirs, Abdenour Si Hadj Mohand et
Jean Collet offrent une vision authentique de ce conflit hors-norme
qu’on appelait guérilla. Loin de tout cliché, l’ouvrage révèle le
quotidien de la guerre, ce mal qui contamine l’être humain,
le transformant en une bête aux instincts les plus sombres.
Un formidable travail de mémoires conjuguées, pour un digne
hommage au peuple algérien, et à tous les morts de l’abomination
coloniale.
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Commentaire de sihadj.abdenour (03/03/2008 16:07) :
Le présent ouvrage est dédié
à mes enfants, ma femme et les membres de la famille
et à toutes victimes de guerre du monde.
A mes amis :
Jean Boulanger
Docteurs Aït Saïd, Azouaou, Saad, Sellah,
Aux habitants des villages :
Iferhounene-Iril El Arbi-Tifilkout-Soumer-Souk El Had-
Ait Hammou-Ait Idir Ouali-Hadouche-Taourirt-
Aït El Mansour-Tikilsa-Aït Ouatas-Tizit-Mnea-
Boumessaoud-Ouerja-Tirourda-Berber-Tizi Guefres-
Ait ali ouyahia-Tizit-Tirourda
A Myriem (adlis), Ravah, Allou Omar Derouich
8
RRATISSAJ DI TEWRIRT
FFГEMT-D A SUT TEWRIRT !
D ASIREKLI N LEMDERSA.
AM YERGAZEN AM TULAWIN ;
BESSIF D ARUMI,
LLUFAN DI DDUH YEDDA.
ASMI I SSERГAYEN IΣECCIWEN,
NEHSA-TEN DDUKLEN,
DINNA I Г-HEGGAN LEBLASA.
MI Г-HARBEN S IГUNAM,
TTESFIR BDAN,
NESΣEDDI LEMHASBA.
LEDJAMEΣ ΣZIZEN I TZALLIT,
GI NETCA TIГRIT,
DEGS I Г-TNUDA FRANSA.
IRGAZEN ATNA DI TEJMAΣT,
LITUNE YEQQWEL D TIBBURA
ID, QELΣEN-D A Г-PIKIYEN
SA’SSI’LANE CUDDEN
WIDAK IDEGΣEN TISURA.
TILAWIN ARA TTMEDJIDET,
ARA SSAWALET I LYUTNA
9
NAГ LYUTNA D ARUMI,
SIWLEMT I REBBI
A Г-IΣIWEN DI FRANSA !
AXI D LFEDJEΣ A TARWIHT !
D ABAYU UMI YETTGALLA.
YEGGUL WELLAH UR YEHNIT
AD A D-AGMEMT DI TALA.
YEGGUL A TEGGUMT AГRUM
A TECQECREMT LBATATA.
IMI D-FFГENT TEMRABDIN
AMZUN D TISEKKURIN,
AM TETBIRIN LKEΣBA.
TTNAΓED A UBRAHEM,
TEKKRED AY IZEM !
HADER AK-TERREZ LEΣNAYA !
ILAQ A TBEGNED ISEM-IK,
AF AKA RUT YESSIK,
ASSIREKLI AR ABRID-A.
10
Ratissage à Taourirt
Femmes de Taourirt ! Sortez toutes de chez vous !
C’est l’encerclement de la médersa (par les soldats)
Hommes ou femmes qui que vous soyez,
C’est la loi du Roumi ! (du plus fort)
Bébé dans son berceau n’est pas épargné !
En faisant brûler les gourbis,
Nous savions qu’ils reviendraient
Nous aménager, là, une couchette1.
Puisque conduites au bâton
En sifflant,
Nous serons maltraitées, c’est évident !
Oh ! Mosquée bien aimée, lieu de prière
En ton enceinte, sommes bastonnées,
Et passées à la fouille.
Nos hommes mis en quarantaine, à la djemaa,
Les tôles font offices de portes.
Que de piquets arrachés !
Au fil de fer attachés,
En guise de fermeture (clefs).
Les femmes se sont mises à hurler/
au secours ! mon lieutenant !
1 les femmes font allusion aux violences que les soldats prépareraient
– ici allusion aux viols
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Commentaire de iferhounene (30/03/2008 23:34) :
Le présent ouvrage est dédié
à mes enfants, ma femme et les membres de la famille
et à toutes victimes de guerre du monde.
A mes amis :
Jean Boulanger
Docteurs Aït Saïd, Azouaou, Saad, Sellah,
Aux habitants des villages :
Iferhounene-Iril El Arbi-Tifilkout-Soumer-Souk El Had-
Ait Hammou-Ait Idir Ouali-Hadouche-Taourirt-
Aït El Mansour-Tikilsa-Aït Ouatas-Tizit-Mnea-
Boumessaoud-Ouerja-Tirourda-Berber-Tizi Guefres-
Ait ali ouyahia-Tizit-Tirourda
A Myriem (adlis), Ravah, Allou Omar Derouich
8
RRATISSAJ DI TEWRIRT
FFГEMT-D A SUT TEWRIRT !
D ASIREKLI N LEMDERSA.
AM YERGAZEN AM TULAWIN ;
BESSIF D ARUMI,
LLUFAN DI DDUH YEDDA.
ASMI I SSERГAYEN IΣECCIWEN,
NEHSA-TEN DDUKLEN,
DINNA I Г-HEGGAN LEBLASA.
MI Г-HARBEN S IГUNAM,
TTESFIR BDAN,
NESΣEDDI LEMHASBA.
LEDJAMEΣ ΣZIZEN I TZALLIT,
GI NETCA TIГRIT,
DEGS I Г-TNUDA FRANSA.
IRGAZEN ATNA DI TEJMAΣT,
LITUNE YEQQWEL D TIBBURA
ID, QELΣEN-D A Г-PIKIYEN
SA’SSI’LANE CUDDEN
WIDAK IDEGΣEN TISURA.
TILAWIN ARA TTMEDJIDET,
ARA SSAWALET I LYUTNA
9
NAГ LYUTNA D ARUMI,
SIWLEMT I REBBI
A Г-IΣIWEN DI FRANSA !
AXI D LFEDJEΣ A TARWIHT !
D ABAYU UMI YETTGALLA.
YEGGUL WELLAH UR YEHNIT
AD A D-AGMEMT DI TALA.
YEGGUL A TEGGUMT AГRUM
A TECQECREMT LBATATA.
IMI D-FFГENT TEMRABDIN
AMZUN D TISEKKURIN,
AM TETBIRIN LKEΣBA.
TTNAΓED A UBRAHEM,
TEKKRED AY IZEM !
HADER AK-TERREZ LEΣNAYA !
ILAQ A TBEGNED ISEM-IK,
AF AKA RUT YESSIK,
ASSIREKLI AR ABRID-A.
10
Ratissage à Taourirt
Femmes de Taourirt ! Sortez toutes de chez vous !
C’est l’encerclement de la médersa (par les soldats)
Hommes ou femmes qui que vous soyez,
C’est la loi du Roumi ! (du plus fort)
Bébé dans son berceau n’est pas épargné !
En faisant brûler les gourbis,
Nous savions qu’ils reviendraient
Nous aménager, là, une couchette1.
Puisque conduites au bâton
En sifflant,
Nous serons maltraitées, c’est évident !
Oh ! Mosquée bien aimée, lieu de prière
En ton enceinte, sommes bastonnées,
Et passées à la fouille.
Nos hommes mis en quarantaine, à la djemaa,
Les tôles font offices de portes.
Que de piquets arrachés !
Au fil de fer attachés,
En guise de fermeture (clefs).
Les femmes se sont mises à hurler/
au secours ! mon lieutenant !
1 les femmes font allusion aux violences que les soldats prépareraient
– ici allusion aux viols
sihadj.abdenour@hotmail.com |
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Commentaire de sihadj.abdenour (21/04/2008 23:10) :
Iferhounene : passé et présent
Par
Abdenour si hadj mohand
« C’est un village typique de l’habitat rural méditerranéen par sa
situation sur un « éperon ». La vie n’y est sans doute pas très différente
de celle que l’on pouvait rencontrer un siècle plus tôt sur les bords de
tout le bassin méditerranéen. Cependant, c’est à 150 m de ce village que
j’ai vécu près de sept mois. C’est là que j’ai découvert la rude vie des
montagnards kabyles, où la faim n’est pas loin, et où la société moderne
n’a pas modifié les anciens usages et coutumes. En 1961, le village est
très peuplé, car il abrite des personnes déplacées » Ce sont là les phrases
d’un soldat français, chasseur alpin pour décrire sommairement la vie dans
sa simple expression, primitive aux yeux de cette puissante coloniale
développée et injuste en même temps pour ce peuple sortie de la légende des
siècles.
Ajourd’hui le village ne ressemble plus à ce qu’il était il y a 50 ans.
Cela, vous diriez, est tout à fait normal puisque les choses ont depuis,
beaucoup évolué. Moi j’ajouterai, si vous le permettez, dans quel sens, en
mettant un point d’interrogation, toujours avec votre permission.
En plus de ses habitants propres, il y a de ceux des villages avoisinants
qui sont venus s’y installer. Les raisons sont multiples. Nous ne citerons
que la recherche d’un emploi qui semble pourtant aussi pénible à trouver
que dans les fonds fins des ravins escarpés où se dissimulent depuis la
nuit des temps ces villages éparpillés ….Tikilsa , Taourirt , Ait Ali
OUAYAHIA ,Mnea , Ait Ouatas , Tifilkout , Zoubga, Soumer ,Tirourda. A cet
égard, Iferhounene, géographiquement semble jouer le chef d’orchestre dans
cette symphonie de villages.
Les activités socioéconomiques de l’Administration étatique : mairie,
daïra, hôpitaux, lycées et dans un passé éloigné, le souk el fellah, la
capcs, la sempac,ne pouvaient venir à bout d’une population qui croit vite
et qui est livrée à elle même , sont à ce titre trop maigres pour l’occuper
et lui assurer la nourriture quotidienne.
Il y a aussi quelques artisans, essentiellement des ferronniers, des
menuisiers. Mais le plus gros reste les alimentations générales, les
boucheries et les marchands de linge de toutes sortes. Qu’à cela ne tienne,
le chômage, dans cette région donne des signes criards, et nous livre
cette triste impression de régner en maître absolu. Pour s’en rendre
compte, il vous suffit d’observer les déplacements presque au hasard des
citoyens de ce douar, autrefois vénéré, LES ATH YETSOURA,, et les longues
files de stationnement des fourgons qui nous suggèrent ironiquement qu’ils
sont alignés là comme pour inviter l’esprit des jeunes montagnards
candidats au mieux à l’exil , au pire au suicide , pour quitter
définitivement cet horizon fermé.
La visite du chef du gouvernement dans cette localité enclavée, remonte à
une époque lointaine, et le rythme de développement n’a depuis pas changé.
Hormis l’artisanat traditionnel, en phase de balbutiement, aucune autre
activité n’est à signaler. Au contraire , certaines professions libérales
tentées de s’ y accrocher , comme les avocats , les bureaux d’études et d
engineering , les dentistes , les entreprises , les librairies , ayant vite
compris que le marché n était pas porteur, se sont empressées de fermer
boutique. A Iferhounene, l’état a beaucoup à faire, Pour ne pas dire que
tout reste à faire, pour lui, tant la région est naturellement loin d’être
gâtée par Dame nature. L’agriculture, limitée aux arbres fruitiers, obéit
aux caprices de la météo, et est mise à rude épreuve par le décalage des
saisons. Nous sommes à plus de 1000 mètres d’altitude, l’hiver s’installe
furtivement et la neige guette, pour étouffer de son épais tapis blanc les
embryons de fruits qui aident le rustique kabyle à vaincre la faim. Passons
sur les énergies dépensées pour se procurer vivres et moyens de chauffage
pendant ce temps que dure cette saison glaciale, brumeuse et stressante.
Les malades quant à eux, peuvent attendre que le sol se déshabille de son
manteau blanc pour permettre aux véhicules à quatre roues de pouvoir enfin
reprendre leur piste sans faire du surplace ou du patinage sur glace.
L’hiver passé, le printemps habille le relief de son habit verdoyant, mais
cette mine grise va-t-elle enfin quitter ces visages des quinqui genti ? On
attend l’été, quand le soleil brûlant vous réchauffe les os pour sortir de
cette léthargie, et tenter de l’atteindre en escaladant le pic du zénith.
C’est l’inespérée, unique, mémorable, lénifiante occasion qu’offre AZRO N T
HOR, le Pic du Zénith, aux jeunes filles pour rêver de leur nuit nuptiale.
Quant aux jeunes males, ils continueront à voyager dans leur rêve, aveugles
devant la beauté de nos femelles.
http://iferhounene.dzblog.com
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Commentaire de kadi tayeb (24/02/2009 16:08) :
décidaient toutes les actions, en présence bien entendu
d’un effectif nombreux de harkis et de goumiers. Ces derniers
étaient plutôt connus pour leurs violences gratuites
sur des femmes soupçonnées de servir les fellaghas.
Enfants insouciants et innocents, la colère et la trouille
sont devenues notre pain quotidien. En sortant de chez
nous à quelque mètres du barbelé qui cerne le village,
l’impression de liberté que nous avions ressentie est vite
effacée par ces phrases assassines prononcées par des soldats
français de souche européenne, reconnaissables à leur
accent « a iefehounene, aya ats tcham izzan » traduit en
kabyle cela voulait dire « habitants d’iferhounene venez
manger de la merde ! Rien que cela, les leçons que les
harkis ont apprises à ces jeunes français pour nous narguer
comme si la précarité de la vie n’était pas suffisamment
dure à supporter. cette phrase m’avait tué de rage, de sucroit
quand ma mère et mes frères et soeurs comprenaient
bien ce que cela voulait dire d’une part, et, que d’autre
part, elle renseignait, en la circonstance sur le cynisme
sadique du chef de cette horde de mal élevés, de voyous en
uniformes.
La section de Pelardi, peut être au nombre de 8 ou 12
éléments, était là alignée pour s’assurer que les ordres
donnés par WOLF et consorts étaient appliquées à la lettre.
En d’autre termes que ces femmes, ces vieillards et ces
enfants en très bas âge ont obéi aux injonctions de quitter
sans délai, le village.
Apres nous avoir expulsé du village, pour le motif que
nous étions une famille de fellagha, les gradés du camp
d’iferhounene allaient, du moins le pensaient ils, poursuivre
leur entreprise de pacification du village, encouragés
pour cela par certains écervelés de harkis, du genre Moahdn
Timira (ou Mohand Ath Mira) du village de Tizi
N’Kqalus qui continuait même après son arrestation à
k_tayeb74@yahoo.fr |
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