| Accueil | Créer un blog | Accès membres | Tous les blogs | Meetic 3 jours gratuit | Meetic Affinity 3 jours gratuit | Rainbow's Lips | Badoo |
newsletter de vip-blog.com S'inscrireSe désinscrire
http://iferhounene.vip-blog.com



VIP Board
Blog express
Messages audio
Video Blog
Flux RSS

iferhounene

VIP-Blog de iferhounene
  • 4 articles publiés
  • 8 commentaires postés
  • 1 visiteur aujourd'hui
  • Créé le : 03/03/2008 15:07
    Modifié : 31/03/2008 14:42

    Garçon (58 ans)
    Origine : iferhounene
    Contact
    Favori
    Faire connaître ce blog
    Newsletter de ce blog

     Juin  2026 
    Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
    01020304050607
    08091011121314
    15161718192021
    22232425262728
    29300102030405

     

    le colonel Amirouche

    31/03/2008 14:42



    Instantané de la guerre de libération

    EL WATAN 20/01/2008

     

    Je me souviens très bien de ce jour, vers les années 1960. Alors que nous campions tous ensemble, mes frères et mes cousins, au champ dit Tamazirt – sur le versant sud du village Iferhounène – à 150 m seulement face au camp du même nom.

    Nous étions en train de garder l’unique chèvre qui restait de notre bétail, de notre fortune laissée par nos parents, happés par le colonisateur, lorsqu’une compagnie complète composée de soldats français d’origine européenne et de quelques harkis notoirement connus passait juste devant nous, en colonne, en direction de leur bivouac.

    Le hasard n’a pas pu éviter l’événement sempiternel de se produire à ce moment précis, cette chamaillerie qui mettait souvent aux prises, de façon presque cyclique tel un syndrome pathologique, mon cousin Yazid, 10 ans à peine et, son frère Messaoud, 8 ans.– la bataille faisait déjà rage entre les deux frères ennemis quand les premiers soldats venaient de franchir l’endroit où nous étions surpris par cette file indienne de roumis égrenée de harkis. Messaoud, mon cousin l’intrépide, le nerveux aux réactions épidermiques, a la mémoire prodigieuse – il avait tout de même et surtout une facilité déconcertante à retenir les noms des personnages célèbres ou de ceux de larrons que des événements ont rendus tels, à des occasions exceptionnelles.C’est ainsi qu’il pouvait retenir dans sa petite mémoire d’enfant indigène non seulement tous les noms des harkis de la région mais aussi et particulièrement des hauts gradés du FLN et de l’armée française de l’époque – nous étions déjà en 1960 – et notre enfant terrible n’avait que 8 ans – soit deux ans de moins que nous-mêmes. Des noms comme celui de De Gaulle, de Lacoste, ou encore Eisenhower (Américain) n’avaient aucun secret pour lui.

    Messali Hadj, Abane Ramdane ou autres, non seulement il les connaissait très bien mais il pouvait leur adjoindre les caractères saillants de leur personnalité, de leur physionomie. Ainsi, De Gaulle, pour lui, était très long et avait un nez qui était hors du commun. Il disait souvent pour ironiser à quelqu’un qui le contrariait qu’il avait le nez de De Gaulle. Ou bien encore les yeux de tel autre personnage. Mais celui dont il finit par adopter définitivement le nom pour en faire une idole, au point de ne jurer que par sa tête, était le redoutable Amirouche, connu sous le surnom deu Lion du Djurdjura – pour lui les héros ne meurent jamais, quelle que soit la puissance de leurs ennemis. Cet enfant intrépide, qui ne se souciait de rien, n’a pas raté l’occasion inespérée, à ce moment précis, à l’endroit même où la compagnie venait de passer devant nous à quelques mètres seulement, pour se mettre à gueuler en vidant sa colère incontenable sur son frère qui le taquinait, en ces termes, à très haute voix et de façon très distinctive : « Je jure sur la tête de Amirouche que je vais te tuer, oh Yazid de m… ! Je vais d’écrabouiller ton portait de Mohand ath M., harki ! Va, tu n’es pas mon frère, tu es plutôt le frère à Ouali Ath O. ! » Cette avalanche de mots, débités sans interruption à voix porteuse, n’a pas manqué d’attirer le regard de tous les soldats qui étaient à proximité du lieu où se déroulait la bagarre entre les deux ennemis et non moins frères de père et de mère. A cet instant précis – et comme à la parade, tels des joueurs de baby-foot guidés par le même mouvement – tous les regards se tournèrent brusquement vers l’endroit d’où fusait ce terrible nom de Amirouche, d’une voix aigue et vibrante en même temps. Une sorte de réflexe conditionné avait saisi subitement la file de soldats qui s’étaient retournés comme s’ils s’apprêtaient à découvrir soudain ce redoutable guerrier en face d’eux, surgir de derrière un arbre, ou à travers un mur de ces mechtas alignées face au camp. J’avais deviné que tous les soldats F.S.E et F.S.N.A, tous grades confondus ou simples hommes de troupe, connaissaient parfaitement le terrifiant nom de Amirouche. Enfant indigène de surcroît inculte que j’étais à cet âge car, privé de tout, j’avais vite compris l’ampleur du combat que livrait ce redoutable guerrier à une puissance pourtant surarmée. J’ai surtout compris que la suprématie, dans un conflit armée, ne résidait pas seulement dans la puissance de feu mais qu’aussi dépendait de l’audace et de l’intelligence des chefs militaires.
    En un mot, de la stratégie dans la manière de livrer bataille à son ennemi. C’est cela la guérilla. L’onde de choc qui s’était répandue au sein de cette compagnie était telle que, nous, enfants insouciants, étions d’un coup saisis de perplexité – une atmosphère de méfiance, inexplicable, contagieuse s’était soudainement répandue autour de nous, suivie d’un silence effrayant tant du côté de tous ces éléments de l’armée d’occupation que du côté de ces enfants indigènes que nous étions – tous âgés entre 7 et 10 ans. Nous avions tous compris à ce moment-là, soldats français et enfants de fellaghas que nous étions, qu’un monde séparait nos deux cultures, et surtout nos deux philosophies, nos deux religions. Ils sont les envahisseurs, nous sommes les autochtones, les propriétaires des lieux. Ils sont là pour nous asservir, nous exploiter, nous voler, nous martyriser. La terreur du colonel était le remède au système inique, violent, criminel, qui s’installait progressivement dans notre pays. Cela fait 4 ans déjà que le camp d’Iferhounène a été installé chez nous, la situation allait pour nous de mal en pis : frères et pères tués, oncles emprisonnés, biens saccagés, il ne subsistait pour nous que les chamailleries de frères et sœurs livrés à eux-mêmes et sans ce précieux intermédiaire conciliateur, nos pères. Il ne restait pour nous que la guerre, sans autre issue que la mort. Mon père avant de mourir nous a légué cette phrase lapidaire : « Maintenant que Amirouche est mort, qu’il ne subsiste aucun d’entre nous ! Mourrons tous, car c’est l’unique alternative qui nous est laissée. Le colonialisme vit au détriment du colonisé. Il l’avilisse, il le martyrise, il l’appauvrit, en un mot le détruit progressivement. » Nous, enfants indigènes et aussi enfants de fellagas, étions prédestinés à une autre vie, pas celle de pacifiés, assimilés aux Européens. Nous sommes mis dans un état de rébellion pathologique par les conditions de dénuement total qui nous sont imposées par l’envahisseur. L’école française que nous avions commencé à fréquenter n’a fait que réveiller en nous les braises d’un feu mal éteint : la haine de celui qui nous a privé de tout : d’abord de l’affection de nos pères, ensuite des moyens de survie. Nos biens ont été lapidés et nos maisons confisquées. La puissance coloniale aura réussi à reproduire en nous, enfants innocents, ce que, eux, appellent par confusion délibérée, préméditée, des futurs terroristes que par conséquent, il faudra, tôt ou tard, penser à éliminer. Des rebelles à vouer à la corvée de bois. La corvée de bois ! Quelle subtilité barbare ! Comment l’esprit d’enfants d’indigènes insouciants peut-il admettre que l’on puisse montrer sa force, sa puissance devant un homme sans arme et, par-dessus tout, faire croire à l’humanité toute entière, à l’histoire de l’homme, que le condamné, victime d’une exécution préméditée, sans aucun jugement, qu’il a tenté de fuir. Pis encore, l’infortuné est tué avec cet espoir d’être libéré pour retourner à ces enfants chéris qui l’attendent pour continuer à vivre. Comment des dirigeants d’une puissance militaire, d’une nation qui a vu naître et grandir les droits de l’homme, puissent-ils admettre que de tels crimes aient lieu sous leur commandement ? Peut-être avaient-ils été les commanditaires ? Quelle grandeur pourrait-on reconnaître à ces stratèges politiques et militaires qui ont été formés dans les écoles de Victor Hugo, Ronsard, Montaigne, Voltaire et Pascal ? Mon Dieu, quelle sauvagerie est cette culture occidentale ?! Et ces soldats français, dont la plupart avaient moins de 30 ans, peut-être à peine 20 ans, malgré proches de nous, en tant qu’êtres humains pensants, n’avaient-ils pas d’autres alternatives que celle de nous réduire à néant. Ils étaient en fait conditionnés pour cette mission. Il ne faut pas leur en vouloir, car moi-même j’ai été jeune, et de surcroît orphelin et fils de fellagha, je ne suis pas un saint, et pourtant, je me souviens que mon seul péché était de dévaliser l’école primaire de ses plus jolis livres pour en arracher les images. Rien que cela. Je n’ai pas tué et préfère pour cela mourir que de mettre fin à la vie d’un être humain. Ces jeunes Français appelés sont, pour la plupart, comme moi, j’en suis sûr. Pour preuve, des soldats dont je n’ai retenu que le prénom ont pris notre partie. Guy, Marcel, Robert, Madame Boucher, femme d’un non moins lieutenant de la SAS étaient des soldats français FSE. Ils nous ont protégés et protégé nos mères et nos sœurs. Cette compassion des appelés français, enseignants, m’a évité de faire la confusion plus tard entre les crimes, les nazis et les soldats français et réussit à faire la part des choses. De ce côté-là, paradoxalement, tout en étant musulman entier, j’applique le commandement qui est pourtant adressé aux chrétiens : tu ne tueras point ! Ces soldats FSE prendront assurément conscience de leur erreur plus tard… quand le moment de la remise en cause inéluctable viendra. L’heure de vérité sonnera pour eux quand ils seront proches du tombeau et feront leurs adieux aux vivants ici bas.

    Mais que dire alors des harkis qui ont choisi, volontairement, ou sans se rendre compte, de se positionner contre leur propre peuple, leurs propres frères, pour défendre une cause perdue d’avance, une cause injuste, des intérêts d’une nation en proie aux difficultés socio-économiques. Et même les citoyens français, engagés temporairement, n’arrivaient pas à justifier vis-à-vis de leur conscience leur engagement, leur prise de position en faveur de l’Algérie française. Ils étaient et continueraient à mourir pour certains pour des idéaux, des enjeux qui ne les touchaient ni de loin ni de près. Ils servaient un système qui perpétuait la domination et la servitude des hommes favorisés et bien servis par le système non moins exploiteur, non moins injuste et non moins ingrat déjà à l’égard de ses propres membres qui s’efforcent en vain de croire, malgré eux, en l’honneur de la France dans cette affaire d’extermination d’autres hommes, d’asservissement d’autres femmes et d’enfants d’un pays soumis par la force et la tyrannie, le leur qui leur a volé leur jeunesse, pour un résultat inutile. Pis encore !déshonorant. Pour ces Français, harkis ou fellaghas, ce sont les mêmes doigts d’une seule main qu’il faut, à défaut d’exploiter, éliminer. Le colonialisme porte en lui les germes de sa propre négation. Amirouche était devenu un dieu dans l’esprit de ces enfants indigènes, orphelins, ou privés de l’affection de leurs pères croupissant dans les geôles depuis déjà plusieurs années. Ils seront les futurs fellaghas, si la guerre venait à perdurer. Le cas de 7 enfants alignés là devant cette puissante compagnie de chasseurs alpins, avec à leur tête un lieutenant foudre de guerre, livrés à eux-mêmes, se chamaillant pour briser la domination de leurs aînés, sous l’œil indifférent de ces chefs de guerre, roumis, mais ébranlés par cette culture terroriste qui classe l’enfant indigène kabyle déjà dans sa destinée de futur fellagha, l’opposant du coup à celui des harkis. C’est cela ce que la propagande coloniale appelle l’opposition ou le conflit fratricide. Les noms de harkis tels que Doumra, Ouali Ath O., Mohand T., Mohand Ath M. étaient déjà entrés dans le langage populaire, mais comme des surnoms chargés de tout leur poids péjoratif et il n’était pas surprenant de vous entendre, en ces temps de guerre, être surnommé par des noms authentiques mais usés comme simple sobriquet. Amirouche, même mort par contre comme, disait Conroux, continuait de faire peur. C’est le symbole de la justice forte, efficace et opposée à la force tyrannique du colonisateur.

    L’auteur est retraité

     

    par Abdenour Si Hadj Mohand

    Mis en ligne par le webmaster le 20 janvier 2008

     





     
     


     

    les troupes du colonel Amirouche , les chasseurs alpins et les harkis-1954-1962

    29/03/2008 17:22

    les troupes du colonel Amirouche , les chasseurs alpins et les harkis-1954-1962


    " Il est aussi facile de rêver un livre qu'il est difficile de le faire. "
    Honoré de Balzac



    " Les troupes du Colonel Amirouche, les chasseurs alpins et les Harkis "

     

    Résumé : 1958. Iferhounène, un village kabyle suspendu dans les airs, face à l’imposant pic d’Azrou n’Thor. Un village, mais aussi un camp militaire français. Les chasseurs alpins d’un côté, les fellaghas de l’autre. Abdenour a alors huit ans. Avec ses yeux d’enfant, il assiste aux exactions dites pacificatrices de l’occupant. Au choix des rebelles. A celui des Harkis. A l’être humain en action…

     



    Critique : Après « Fils de fellagha » et « La Guerre vécue par un chasseur alpin », Abdenour Si Hadj Mohand poursuit son travail de mémoire en dénonçant une fois encore le cauchemar colonialiste. Toujours aussi vibrant de colère et d’émotion, il apporte une pierre de plus à l’honneur d’un peuple algérien déchiré. Et s’il condamne, il cherche aussi à comprendre. A l’heure où certains veulent vanter les effets bénéfiques du colonialisme, il semble plus que nécessaire de se plonger dans cette leçon d’Histoire.


     



       


















     
     


     

    tEmoignages sur la guerre d'Algerie en Kabylie

    29/03/2008 17:15

    tEmoignages sur la guerre d'Algerie en Kabylie


    EL QAOULIOU YAVDHA AFALLIF

    ALLAH YA LATIF

    AVRIDHA QWANE LES RALLIES

     

    OUAHMAGH DHACHOU YEZDEKSEN

    ELDJAYER AAZIZEN

    MIGOUDJANE ALLI GOUMMIERS

     

    ELDJAZAIR  OURKOUNTAHWADJ

    KOUNOUI ALAKHMADJ

    THALLA THARRAOU THIK ANVI

     

    NAK OULIOU YOUGUI ADHISVAR

    IFRANSA AYIDAHDHAR

    AYEDASSAOUEL A LI RALLIERS (les ralliés)

     

    LMOURAD DHLISTIQLAL

    AMASSA ANAMZAR

    ADIFRAZ OUHARRI DHOUAKLI

     

    POEME DICTE PAR AINI

    1958-IFERHOUNENE

     

    TRADUCTION FRANÇAISE

     

    Mon discours commence par la lettre A

    Diable! Quel malheur!

    Cette fois  y a trop de rallies (harkis)

     

    Je suis sceptique quant à ce que l'on peut reprocher

    À l'Algérie chérie

    Pour s'engager dans les rangs des  goumiers (le goumme)

     

    L’ALGÉRIE n’à que faire de vous

     Oh! Renégats que vous êtes

    Elle peut compter sur ses fils authentiques

     

    Quant à moi, je ne peux supporter

    Que la France m'adresse la parole

    Pour m'appeler  "rallies"

     

    Notre objectif étant l'indépendance

    On se reverra ce jour

    On distinguera alors entre  l'homme libre et l'esclave

     

    Ce poème met en comparaison  les choix faits par les maquisards et les harkis et goumiers durant la guerre de libération (1954-1962). Une fois de plus  je ne fais que rapporter intégralement ce que la vox populi a chanté sans rien ajouter ni retrancher. Si le terme ALLOUKHMADJ  avait été utilisé , il correspond bien par rapport à l'époque aux agissements des  FSE et FSNA qui , heureusement ne se sont pas tous faits remarqués par les exactions , les violences et les viols.



    Commentaire de iferhounene (30/03/2008 23:16) :

    GUERRE D’ALGERIE 1954-1962 « Amirouche, les fils de fellaghas et les chasseurs alpins» Iferhounéne 1959 Témoignage historique Par Abdenour Si Hadj Mohand Je me souviens très bien de ce jour, vers les années 1960.Alors que nous étions campés tous ensemble ,mes frères et mes cousins , au champ dit tamazirt – sur le versant sud du village Iferhounene – à 150 mètres seulement face au camp du même nom. Nous étions en train de garder l’unique chèvre qui restait de notre bétail, de notre fortune laissée par nos parents happés par le colonisation, lorsqu’une compagnie complète composée de soldats français d’origine européenne et de quelques harkis notoirement connus passait juste devant nous, en colonne par un, en direction de leur bivouac. Le hasard n’a pas pu éviter l’événement sempiternel de se produire à ce moment précis, cette chamaille qui mettait souvent aux prises, de façon presque cyclique telle un syndrome pathologique, mon cousin Yazid 10 ans à peine et, son frère Messaoud 8 ans. – la bataille faisait déjà rage entre les deux frères ennemis quand les premiers soldats venaient de franchir l’endroit où nous étions surpris par cette file indienne de roumis égrenée de harkis. Messaoud, mon cousin l’intrépide , le nerveux aux réactions épidermiques, a la mémoire prodigieuse-il avait tout de même et surtout une facilité déconcertante à retenir les noms des personnages célèbres ou de ceux de larrons que des événements ont rendus tels,à des occasions exceptionnelles - C’est ainsi qu’il pouvait retenir dans sa petite mémoire d’enfant indigène non seulement tous les noms des harkis de la région mais aussi et particulièrement des hauts gradés du FLN et de l’armée française de l’époque - nous étions déjà en 1960-et notre enfant terrible n’avait que 8 ans- soit deux ans de moins que moi-même. Des noms comme celui De Gaulle, de Lacoste, ou encore Eisenhower (américain) n’avaient aucun secret pour lui. Messali Hadj, Abane Ramdane ou autre, non seulement il les connaissait très bien mais il pouvait leur adjoindre les caractères saillants de leur personnalité, de leur physionomie. Ainsi De Gaulle pour lui, était très long et avait un nez qui était hors du commun. Il disait souvent pour ironiser à quelqu’un qui le contrariait qu’il avait le nez De Gaulle. Ou bien encore les yeux de tel autre personnage .Mais celui–ci dont il finit par adopter définitivement le nom pour en faire une idole, au point de ne jurer que par sa tête était le redoutable Amirouche connu sous le surnom de Lion du DJURDJURA- pour lui les héros ne meurent jamais, quelque soit la puissance de leurs ennemis. Cet enfant intrépide, qui ne se souciait de rien n’a pas raté l’occasion inespérée, à ce moment précis, à l’endroit même où la compagnie venait de passer devant nous à quelques mètres seulement, pour se mettre à gueuler en vidant sa colère incontenable sur son frère qui le taquinait, en ces termes, à très haute voix et de façon très distinctive : « je jure sur la tête de Amirouche que je vais te tuer, oh Yazid de m… ! Je vais d’écrabouiller ton portait de Mohand ath M., harki ! Va tu n’es pas mon frère, tu es plutôt le frère à Ouali Ath O. ! » Cette avalanche de mots débitée sans interruption à voix porteuse n’a pas manqué d’attirer le regard de tous les soldats qui étaient à proximité du lieu où se déroulait la bagarre entre les deux ennemis et non moins frères de père et de mère. A cet instant précis- et comme à la parade, telle des joueurs de baby foot guidés par le même mouvement, tous les regards se tournèrent brusquement vers l’endroit d’où fusait ce terrible nom de Amirouche, d’une voix aigue et vibrante en même temps. Une sorte de réflexe conditionné avait saisi subitement la file de soldats qui s'était retournée comme s’ils s’apprêtaient à découvrir soudain ce redoutable guerrier en face d’eux , surgir de derrière un arbre , ou à travers un mur de ces mechtas alignées face au camp. J’avais deviné que tous les soldats F.S.E et F.S.N.A, tous grades confondus ou simples hommes de troupe connaissaient parfaitement le terrifiant nom de Amirouche. Enfant indigène de surcroît inculte que j’étais à cet âge car, privé de tout, j’avis vite compris l’ampleur du combat que livrait ce redoutable guerrier à une puissance pourtant surarmée. J’ai surtout compris que la suprématie, dans un conflit armée, ne résidait pas seulement dans la puissance de feu mais qu’aussi dépendait de l’audace et de l’intelligence des chefs militaires. En un mot de la stratégie dans la manière de livrer bataille à son ennemi. C’est cela la guérilla. L’onde de choc qui s’était répandue au sein de cette compagnie était telle que, nous, enfants insouciants étions d’un coup, saisis de perplexité - une atmosphère de méfiance, inexplicable, contagieuse s’était soudainement répandue autour de nous suivie d’un silence effrayant tant du coté de tous ces éléments de l’armée d’occupation que du coté de ces enfants indigènes que nous étions- tous âgés entre 7 et 10 ans. Nous avions tous compris à ce moment soldats français et enfants de fellaghas que nous étions, qu’un monde séparait nos deux races, nos deux cultures, et surtout nos deux philosophies, nos deux religions. Ils sont les envahisseurs, nous sommes les autochtones, les propriétaires des lieux. Ils sont là pour nous asservir, nous exploiter, nous voler, nous martyriser. La terreur du colonel, était le remède au système inique, violent, criminel, qui s’installait progressivement dans notre pays. 4 ans déjà que le camp d’iferhounene a été installé chez nous, la situation allait pour nous de mal en pis : Frères et pères tués, oncles emprisonnés, biens saccagés, il ne subsistait pour nous que les chamailles de frères et sœurs livrés à eux –mêmes et sans ce précieux intermédiaire conciliateur, nos pères. Il ne restait pour nous que la guerre, sans autre issue que la mort .Mon père avant de mourir nous a légué cette phrase lapidaire : « maintenant que Amirouche est mort, qu’il ne subsiste aucun d’entre nous ! Mourrons tous, car c’est l’unique alternative qui nous est laissée. Le colonialisme vit au détriment du colonisé. Il l’avilisse, il le martyrise, il l’appauvrit en un mot le détruit progressivement » Nous, enfants indigènes et aussi enfants de fellagas, nous étions prédestinés à une autre vie.pas celle de pacifiés, assimilés aux européens. Nous sommes mis dans un état de rébellion pathologique par les conditions de dénuement total qui nous sont imposées par l’envahisseur. L’école française que nous avions commencé à fréquenter n’a fait que réveiller en nous les braises d’un feu mal éteint : la haine de celui qui nous a privé de tout : d’abord de l’affection de nos pères, ensuite des moyens de survie. Nos biens ont été lapidés et nos maisons confisqués. La puissance coloniale, aura réussi, de reproduire en nous, enfants innocents, ce que, eux, appellent par confusion délibérée, préméditée, des futurs terroristes que par conséquent il faudra, tôt ou tard penser à éliminer. Des Rebelles à vouer à la corvée de bois. La corvée de bois ! Quelle subtilité barbare ! comment , l’esprit d’enfants d’indigènes insouciants peut il admettre , que l’on puisse montrer sa force , sa puissance devant un homme sans arme, et pardessus tout faire croire à l’humanité toute entière , à l’histoire de l’homme , que le condamné, victime d’une exécution préméditée , sans aucun jugement , qu’il a tenté de fuir. Pis encore, l’infortuné est tué avec cet espoir d’être libéré pour retourner à ces enfants chéris qui l’attendent pour continuer à vivre Comment des dirigeants d’une puissance militaire, d’une nation qui a vu naître et grandir les droits de l’homme, puissent-ils admettre que de tels crimes aient lieu sous leur commandement ? Peut être avaient ils été les commanditaires ? Quelle grandeur pourrait on reconnaître à ces stratèges politiques et militaires qui ont été formés dans les écoles de Victor Hugo, Ronsard, Montaigne, Voltaire et Pascal ? Mon Dieu, quelle sauvagerie est cette culture occidentale ?! Et ces soldats français, dont la plupart avaient moins de 30 ans, peut être à peine 20 ans malgré proches de nous, en tant qu’êtres humains pensants, n’avaient ils pas d’autres alternatives que celle de nous réduire à néant. Ils étaient en fait conditionnés pour cette mission. Il ne faut pas leur en vouloir, car moi même j’ai été jeune, et de surcroît orphelin et fils de fellagha, je ne suis pas un saint, et pourtant je me souviens que mon seul péché était de dévaliser l’école primaire de ces plus jolis livres pour en arracher les images. Rien que cela. Je n’ai pas tué et préfère pour cela mourir que de mettre fin à la vie d’un être humain. Ces jeunes français appelés, sont pour la plupart comme moi, j’en suis sur. Pour preuve de soldats dont je n’ai retenu que le prénom ont pris notre partie. GUY, Marcel, Robert, Madame Boucher, femme d’un non moins lieutenant de SAS, étaient des soldats français FSE .Ils nous ont protégés et protégé nos mères et nos sœurs. Cette compassion des appelés français, enseignants, m’a évité de faire la confusion plutard entre les crimes, les nazis et les soldats français et réussit à faire la part des choses. De ce coté là, paradoxalement, tout en tant un musulman entier, j’appliques le commandement qui est pourtant adressé aux chrétiens : tu ne tueras point ! Ces soldats FSE prendront assurément conscience de leur erreur plutard….quand le moment de la remise en cause inéluctable viendra. L’heure de vérité sonnera pour eux quand ils seront proches du tombeau. et feront leurs adieux aux vivants ici bas. Mais que dire alors des harkis qui ont choisi , volontairement , ou sans se rendre compte de se positionner contre leur propre peuple , leurs propres frères, pour défendre une cause perdue d’avance, une cause injuste , des intérêts d’une nation en proie aux difficultés socio économiques. Et même les citoyens français engagés, temporairement, n’arrivaient pas a justifier vis a vis de leur conscience leur engagement, leur prise de position en faveur de l’Algérie Française. Ils étaient et continueraient à mourir pour certain pour des idéaux, des enjeux qui ne les touchaient ni de loin ni de près. Ils servaient un système qui perpétuait la domination et la servitude des hommes favorisés et bien servis par le système non moins exploiteur, non moins injuste et non moins ingrat déjà à l’égard de ses propres membres qui s’efforcent en vain de croire malgré eux , en l’honneur de la France dans cette affaire d’extermination d’ autres hommes, d’asservissement d’autres femmes et d’ enfants d’un pays soumis par la force et la tyrannie, le leur qui , leur a volé leur jeunesse , pour un résultat inutile., pis !déshonorant. Pour ces français, harkis ou fellaghas, ce sont les mêmes doigts d’une seule main qu’il faut à défaut d’exploiter, éliminer. Le colonialisme porte en lui les germes de sa propre négation, Amirouche était devenu un Dieu dans l’esprit de ces enfants indigènes, orphelins, ou privés de l’affection de leurs pères croupissant dans les geôles depuis déjà plusieurs années. Ils seront les futurs fellaghas, si la guerre venait à perdurer. Le cas de 7 enfants alignés là devant cette puissante compagnie de chasseurs alpins, avec à leur tête un lieutenant foudre de guerre, livrés à eux-mêmes, se chamaillant pour briser la domination de leurs aînés, sous l’œil indifférent de ces chefs de guerre, roumis, mais ébranlés par cette culture terroriste qui classe l’enfant indigène kabyle déjà dans sa destinée de future fellagha, l’opposant du coup à celui des harkis. C’est cela ce que la propagande coloniale appelle l’opposition, ou le conflit fratricide. Les noms de harkis tels que DOUMRA, OUALI ATH O…, MOHAND T., MOHAMED ATH M.. étaient déjà entrés dans la langage populaire, mais comme surnom chargé de tout leur poids péjoratif et il n’était pas surprenant de vous entendre, en ces temps de guerre, surnommé par des noms authentiques mais usés comme simple sobriquet. Amirouche, même mort, par contre comme disait CONROUX continuait de faire peur. C’est le symbole de la justice forte, efficace opposée à la force tyrannique du colonisateur. Amirouche, mort ou vivant a réalisé son objectif, celui de faire prendre conscience à son peuple que le mythe de la supériorité de l’envahisseur, désormais n’existe plus, que l’ennemi colonisateur n’est plus assuré des sa victoire dans son dessein diabolique d’instauration, contre la nature des choses, d’une Algérie française au risque d’aboutir à une « France nord africaine » ou des FSNA revendiquent une origine qui n’en est pas une, à tout égard. Je m’immisce dans des affaires françaises, car l’histoire m’y oblige.

    sihadj.abdenour@hotmail.com

    Commentaire de youba (17/02/2009 02:15) :

    azul imazighen qui ont chassé les français de notre territoires,ils méritens plus que ça meme si on a r1 fé pr eux vraiment ils ont donné leur vie pr que nous survivons mé domage on prend pa les choses come il faut en tou ca un grand merci pr eux et pr leur sacrifice je swé fièr de nos ancètre soi a l'algérie soit au maroc ds toute TAMAZGHA azul flawn ,tnmirt

    http://agraw.com
    y_ouba_2959@hotmail.com

    Commentaire de nacer (07/03/2009 21:30) :

    ce poeme est de si moh oumhend a mon avis il n'est bien sitée il a un manque concernant les harkis que tu cite a chaque fois il faut savoir que plusieur personne de ces harquis c'est les moudjahidine qui les ont forcé la realité n'est pas caché si on veut ecrire l'histoire convenablement nous devons dire la realité sur toute chose salut




     
     


     

    la guerre en kabylie 1954-1962

    03/03/2008 15:13



    9
    Préface
    Un chasseur alpin raconte sa vie. Un fils de « fellagha »
    raconte la sienne. Ce qu’elles ont de communs, ces deux
    existences : le lieu du déroulement du drame, Iferhounéne,
    un village kabyle posté depuis l’ère des quinqué gentii1 sur
    un mamelon qui fait face à l’imposante chaîne du djurdjura.
    En y installant leur camp dés 1956, les forces
    d’occupation avaient visé un objectif stratégique, inspiré
    de la nature même du relief escarpé et de la position dominante
    du chef lieu de cette portion du territoire
    algérien : Observer les mouvements des villages environnants
    : Tifilkout, Ait arbi, Ait Hamou, Ait Mansour,
    Barber, Taourirt Ali Ouanacer, Tikilsa. Quant à Haadouche
    et les autres, même cachés, ils ne seront qu’à quelques
    minutes de marche de là, à portée de canon.
    Jadis panorama touristique pittoresque, le Djurdjura allait,
    des années durant, offrir une image apocalyptique ou
    se mêlent tous les malheurs d’un peuple marqué par son
    histoire déjà trop agitée : batailles sanglantes, embuscades,
    ratissage …torture, viols, exécutions sommaires.
    Le chasseur et le fils de fellagha, ont passé ensemble
    une partie de leur vie, face à face, chacun de son coté de la
    barrière… Du barbelé qui sépare le village du camp militaire.
    Sans se connaître, ils ont vécu les mêmes
    événements historiques qu’ils ont ressentis chacun à sa
    1 quinqué gentii. Terme romain, utilisé pour designer les 5 premières
    tribus berbères installées au flan DJURDJURA, appelé par les romains,
    Mons Ferratus ou montagne de fer, en raison de la résistance
    farouche opposée à l’occupant.
    10
    manière, selon ses propres convictions. Différemment,
    voire parfois même antagonistes, malgré le point commun
    qui peut rapprocher les hommes dans certaines circonstances,
    dans leur pensée, deux hommes épris de paix et de
    justice.
    Dans la première partie de cette oeuvre ; Le chasseur alpin,
    nous livre les secrets de cette courte période de son
    service militaire, passée à livrer bataille malgré lui, à un
    ennemi invisible, au lieu disait-il, de séjourner en touriste
    insouciant dans ce qu’en métropole, on appelait, fanfaronnerie
    ironique « les vacances algériennes. »
    Je ne dirai rien de sa vie privée, et ne porterai aucun
    commentaire sur ses sentiments exprimés, dans ce livre
    qui a le mérite de nous dire des choses authentiques, sans
    détours, sur le drame vécu par le peuple algérien.
    Si l’histoire est authentique, les noms des acteurs ont
    été changés sciemment pour des raisons évidentes de respect
    de la discrétion. Mais cela ne leur enlève en rien, la
    reconnaissance du mérite ou la condamnation de l’opinion.
    Nous laissons le soin sur cet angle, à l’Histoire pour en
    juger.
    A coté des faits véridiques endeuillants relatés par le
    soldat, le narrateur a voulu mettre une place à l’amour, aux
    sentiments positifs, à travers cette édile pour la Femme,
    avec un grand F incarnée par YASMINA qui aurait pu
    s’appeler Lila ou khelidja, ou encore Jacqueline, et résider
    à Ait El Mansour, Taourirt ou encore Iferhounée, Tifilkout
    ou Iril El Arbi ou tout simplement Lyon, Marseille, Nantes
    dans un contexte de paix
    Cette histoire est le fruit de la pure imagination délirante
    du soldat français, pour rendre moins pénible, moins
    cruelle, moins insupportable la vie, quand la mort est devenue
    la rançon quotidienne pour tous, de quelque coté du
    conflit où l’on peut se placer.
    La deuxième partie de ce livre est consacrée aux récits
    des faits de ces événements à la même période, vu d’un
    11
    oeil d’enfant innocent, qui n’avait que 4 ans et grandi dans
    le fracas des armes jusqu’à l’age de 12 ans, pour finir seul,
    privé de tous ses parents happés par la machine de guerre
    infernale d’une puissance militaire. Ils sont 8 hommes de
    la même famille, tous dans la force de l’age, en bonne
    santé, bien éduqués, lettrés, à être tués par l’armée française,
    entre 1958 et 1960, tous les armes à la main. Ils
    étaient, ce que la propagande coloniale appelait « les Fellaghas
    », et, que l’enfant de la guerre, fils de « fellagha »,
    lui, a toujours pleurés, en secret, dans ses moments de plus
    grande solitude. Pour lui, il ne subsiste aucun doute : ils
    sont morts pour leur patrie, en martyrs de la révolution.
    Cette oeuvre se veut un témoignage fort sur le sacrifice
    du peuple algérien, le drame des hommes, des femmes et
    des enfants colonisés, dominés, maltraités, torturés, assassinés.
    Il est aussi une lueur d’espoir pour les générations montantes
    de pays développés pour refuser, rejeter le fait
    colonial et condamner la guerre.

    Livre 1
    Un soldat français m’a raconté…
    Un épisode de la guerre d’Algérie
    qui s’est déroulé dans mon village :
    Iferhounéne (Kabylie 1958-1960)

    Première partie

    17
    Insouciance
    Août 1957, la date fatidique approchait, au mois de septembre
    je serai convoqué pour effectuer mon service
    militaire.
    Ainsi une partie de ma vie s’achevait. Ma bicyclette
    appuyée contre un arbre de la forêt de Senlis, j’étais allongé
    sur un tapis de mousse et regardais le ciel bleu azur à
    travers le feuillage d’un chêne centenaire. Mon enfance
    me revenait en mémoire, toute ma tendre et heureuse jeunesse
    passée dans ce quartier populaire de la Villette où se
    côtoyaient Français, Italiens et Algériens sans grande harmonie
    mais sans trop de problèmes. Les années de guerre
    avaient eu raison des petites économies de mes parents,
    consacrées en grande partie à l’achat de denrées payées au
    prix fort, qui permirent à ma soeur et moi de nous alimenter
    à peu près correctement.
    Les instituteurs de l’école primaire de la rue de l’Ourcq
    m’amenèrent jusqu’au certificat d’études que j’obtins facilement,
    mais sans grand mérite, car j’apprenais facilement
    et souvent mes leçons étaient retenues sur le chemin menant
    à l’école.
    J’avais passé avec succès l’examen d’entrée en sixième
    du lycée Colbert, mais mon père, sachant qu’il ne pourrait
    faire face à de longues et coûteuses études malgré les
    bourses délivrées chichement, décida que j’apprendrais un
    métier manuel. J’avais une préférence pour le métier
    d’électricien, mais ma brave maman, gardienne d’immeu18
    ble, (on disait concierge à l’époque, d’une façon moins
    péjorative que maintenant) avait l’estime de "ses" locataires
    et au cours d’une conversation avec une demoiselle de
    l’immeuble, celle-ci lui fit part des avantages des métiers
    des arts graphiques.
    C’est ainsi qu’au mois de septembre 1951 la grande
    famille des typographes comptait un apprenti de plus.
    Merci chère maman de m’avoir fait épouser le plus beau
    des métiers, hélas, obsolète aujourd’hui.
    C’était le début de ma vie professionnelle, mais je ne
    quittais pas pour autant l’enseignement général ; tous les
    mercredis pendant quatre ans, je retrouvais les bancs et
    ateliers de la prestigieuse École Estienne ; les professeurs
    nous enseignaient avec autorité et compétence de solides
    cours théoriques et pratiques sur les métiers de l’imprimerie.
    Tous les soirs je rentrais chez moi vers 17h30 ; après
    une rapide toilette, je rejoignais mes copains au café "La
    Mandoline", c’était notre lieu de rencontre habituel ; le
    petit groupe que nous formions était sans histoire ; tout le
    monde nous connaissait, les quelques voyous du quartier
    eux-mêmes nous saluaient, nous avions usé nos fonds de
    culottes sur les mêmes bancs d’école ; pour eux, nous faisions
    partie du paysage depuis toujours et ils nous
    fichaient une paix royale. Nous avions de bons rapports
    avec les Italiens et les Maghrébins qui malgré leur nombre
    élevé se faisaient discrets.
    Après avoir dégusté une ou deux boissons non alcoolisées
    (le lait grenadine était très à la mode à cette époque),
    nous "montions" nonchalamment jusqu’au métro "Crimée"
    pour y retrouver d’autres copains et surtout nos
    chères copines… J’étais très amoureux de Denise. Avec le
    recul je pense qu’il s’agissait plutôt d’attirance physique ;
    ce sentiment qu’inspire une jolie fille de dix-huit ans à un

    Commentaire de sihadj.abdenour (03/03/2008 16:07) :

    Abdenour Si Hadj Mohand - Jean Collet La Guerre vécue par un chasseur alpin Abdenour Si Hadj Mohand - Jean Collet La Guerre vécue par un chasseur alpin 26,00 Euro Diffusion : www.publibook.com La Guerre vécue par un chasseur alpin Abdenour Si Hadj Mohand - Jean Collet ISBN -:UUUUUUUUU: Iferhounéne (Kabylie) 1954-1962 1957. Jean a tout juste vingt ans. Appelé, il effectue ses classes de chasseur alpin et embarque pour l’Algérie. Un camp au coeur des montagnes de Kabylie. Autour, partout et nulle part, l’ennemi. Invisible. Jadis panorama touristique pittoresque, le Djurdjura va, des années durant, offrir une image apocalyptique : exactions en tout genre, torture, viol. Plongé dans un univers qui le transforme, l’Homme tente de dominer sa sauvagerie. Entre les mensonges pour rassurer les parents, les patrouilles, les embuscades et les fouilles de villages, Jean essaie de s’adapter… En puisant dans leurs souvenirs, Abdenour Si Hadj Mohand et Jean Collet offrent une vision authentique de ce conflit hors-norme qu’on appelait guérilla. Loin de tout cliché, l’ouvrage révèle le quotidien de la guerre, ce mal qui contamine l’être humain, le transformant en une bête aux instincts les plus sombres. Un formidable travail de mémoires conjuguées, pour un digne hommage au peuple algérien, et à tous les morts de l’abomination coloniale.


    Commentaire de sihadj.abdenour (03/03/2008 16:07) :

    Le présent ouvrage est dédié à mes enfants, ma femme et les membres de la famille et à toutes victimes de guerre du monde. A mes amis : Jean Boulanger Docteurs Aït Saïd, Azouaou, Saad, Sellah, Aux habitants des villages : Iferhounene-Iril El Arbi-Tifilkout-Soumer-Souk El Had- Ait Hammou-Ait Idir Ouali-Hadouche-Taourirt- Aït El Mansour-Tikilsa-Aït Ouatas-Tizit-Mnea- Boumessaoud-Ouerja-Tirourda-Berber-Tizi Guefres- Ait ali ouyahia-Tizit-Tirourda A Myriem (adlis), Ravah, Allou Omar Derouich 8 RRATISSAJ DI TEWRIRT FFГEMT-D A SUT TEWRIRT ! D ASIREKLI N LEMDERSA. AM YERGAZEN AM TULAWIN ; BESSIF D ARUMI, LLUFAN DI DDUH YEDDA. ASMI I SSERГAYEN IΣECCIWEN, NEHSA-TEN DDUKLEN, DINNA I Г-HEGGAN LEBLASA. MI Г-HARBEN S IГUNAM, TTESFIR BDAN, NESΣEDDI LEMHASBA. LEDJAMEΣ ΣZIZEN I TZALLIT, GI NETCA TIГRIT, DEGS I Г-TNUDA FRANSA. IRGAZEN ATNA DI TEJMAΣT, LITUNE YEQQWEL D TIBBURA ID, QELΣEN-D A Г-PIKIYEN SA’SSI’LANE CUDDEN WIDAK IDEGΣEN TISURA. TILAWIN ARA TTMEDJIDET, ARA SSAWALET I LYUTNA 9 NAГ LYUTNA D ARUMI, SIWLEMT I REBBI A Г-IΣIWEN DI FRANSA ! AXI D LFEDJEΣ A TARWIHT ! D ABAYU UMI YETTGALLA. YEGGUL WELLAH UR YEHNIT AD A D-AGMEMT DI TALA. YEGGUL A TEGGUMT AГRUM A TECQECREMT LBATATA. IMI D-FFГENT TEMRABDIN AMZUN D TISEKKURIN, AM TETBIRIN LKEΣBA. TTNAΓED A UBRAHEM, TEKKRED AY IZEM ! HADER AK-TERREZ LEΣNAYA ! ILAQ A TBEGNED ISEM-IK, AF AKA RUT YESSIK, ASSIREKLI AR ABRID-A. 10 Ratissage à Taourirt Femmes de Taourirt ! Sortez toutes de chez vous ! C’est l’encerclement de la médersa (par les soldats) Hommes ou femmes qui que vous soyez, C’est la loi du Roumi ! (du plus fort) Bébé dans son berceau n’est pas épargné ! En faisant brûler les gourbis, Nous savions qu’ils reviendraient Nous aménager, là, une couchette1. Puisque conduites au bâton En sifflant, Nous serons maltraitées, c’est évident ! Oh ! Mosquée bien aimée, lieu de prière En ton enceinte, sommes bastonnées, Et passées à la fouille. Nos hommes mis en quarantaine, à la djemaa, Les tôles font offices de portes. Que de piquets arrachés ! Au fil de fer attachés, En guise de fermeture (clefs). Les femmes se sont mises à hurler/ au secours ! mon lieutenant ! 1 les femmes font allusion aux violences que les soldats prépareraient – ici allusion aux viols


    Commentaire de iferhounene (30/03/2008 23:34) :

    Le présent ouvrage est dédié à mes enfants, ma femme et les membres de la famille et à toutes victimes de guerre du monde. A mes amis : Jean Boulanger Docteurs Aït Saïd, Azouaou, Saad, Sellah, Aux habitants des villages : Iferhounene-Iril El Arbi-Tifilkout-Soumer-Souk El Had- Ait Hammou-Ait Idir Ouali-Hadouche-Taourirt- Aït El Mansour-Tikilsa-Aït Ouatas-Tizit-Mnea- Boumessaoud-Ouerja-Tirourda-Berber-Tizi Guefres- Ait ali ouyahia-Tizit-Tirourda A Myriem (adlis), Ravah, Allou Omar Derouich 8 RRATISSAJ DI TEWRIRT FFГEMT-D A SUT TEWRIRT ! D ASIREKLI N LEMDERSA. AM YERGAZEN AM TULAWIN ; BESSIF D ARUMI, LLUFAN DI DDUH YEDDA. ASMI I SSERГAYEN IΣECCIWEN, NEHSA-TEN DDUKLEN, DINNA I Г-HEGGAN LEBLASA. MI Г-HARBEN S IГUNAM, TTESFIR BDAN, NESΣEDDI LEMHASBA. LEDJAMEΣ ΣZIZEN I TZALLIT, GI NETCA TIГRIT, DEGS I Г-TNUDA FRANSA. IRGAZEN ATNA DI TEJMAΣT, LITUNE YEQQWEL D TIBBURA ID, QELΣEN-D A Г-PIKIYEN SA’SSI’LANE CUDDEN WIDAK IDEGΣEN TISURA. TILAWIN ARA TTMEDJIDET, ARA SSAWALET I LYUTNA 9 NAГ LYUTNA D ARUMI, SIWLEMT I REBBI A Г-IΣIWEN DI FRANSA ! AXI D LFEDJEΣ A TARWIHT ! D ABAYU UMI YETTGALLA. YEGGUL WELLAH UR YEHNIT AD A D-AGMEMT DI TALA. YEGGUL A TEGGUMT AГRUM A TECQECREMT LBATATA. IMI D-FFГENT TEMRABDIN AMZUN D TISEKKURIN, AM TETBIRIN LKEΣBA. TTNAΓED A UBRAHEM, TEKKRED AY IZEM ! HADER AK-TERREZ LEΣNAYA ! ILAQ A TBEGNED ISEM-IK, AF AKA RUT YESSIK, ASSIREKLI AR ABRID-A. 10 Ratissage à Taourirt Femmes de Taourirt ! Sortez toutes de chez vous ! C’est l’encerclement de la médersa (par les soldats) Hommes ou femmes qui que vous soyez, C’est la loi du Roumi ! (du plus fort) Bébé dans son berceau n’est pas épargné ! En faisant brûler les gourbis, Nous savions qu’ils reviendraient Nous aménager, là, une couchette1. Puisque conduites au bâton En sifflant, Nous serons maltraitées, c’est évident ! Oh ! Mosquée bien aimée, lieu de prière En ton enceinte, sommes bastonnées, Et passées à la fouille. Nos hommes mis en quarantaine, à la djemaa, Les tôles font offices de portes. Que de piquets arrachés ! Au fil de fer attachés, En guise de fermeture (clefs). Les femmes se sont mises à hurler/ au secours ! mon lieutenant ! 1 les femmes font allusion aux violences que les soldats prépareraient – ici allusion aux viols

    sihadj.abdenour@hotmail.com

    Commentaire de sihadj.abdenour (21/04/2008 23:10) :

    Iferhounene : passé et présent Par Abdenour si hadj mohand « C’est un village typique de l’habitat rural méditerranéen par sa situation sur un « éperon ». La vie n’y est sans doute pas très différente de celle que l’on pouvait rencontrer un siècle plus tôt sur les bords de tout le bassin méditerranéen. Cependant, c’est à 150 m de ce village que j’ai vécu près de sept mois. C’est là que j’ai découvert la rude vie des montagnards kabyles, où la faim n’est pas loin, et où la société moderne n’a pas modifié les anciens usages et coutumes. En 1961, le village est très peuplé, car il abrite des personnes déplacées » Ce sont là les phrases d’un soldat français, chasseur alpin pour décrire sommairement la vie dans sa simple expression, primitive aux yeux de cette puissante coloniale développée et injuste en même temps pour ce peuple sortie de la légende des siècles. Ajourd’hui le village ne ressemble plus à ce qu’il était il y a 50 ans. Cela, vous diriez, est tout à fait normal puisque les choses ont depuis, beaucoup évolué. Moi j’ajouterai, si vous le permettez, dans quel sens, en mettant un point d’interrogation, toujours avec votre permission. En plus de ses habitants propres, il y a de ceux des villages avoisinants qui sont venus s’y installer. Les raisons sont multiples. Nous ne citerons que la recherche d’un emploi qui semble pourtant aussi pénible à trouver que dans les fonds fins des ravins escarpés où se dissimulent depuis la nuit des temps ces villages éparpillés ….Tikilsa , Taourirt , Ait Ali OUAYAHIA ,Mnea , Ait Ouatas , Tifilkout , Zoubga, Soumer ,Tirourda. A cet égard, Iferhounene, géographiquement semble jouer le chef d’orchestre dans cette symphonie de villages. Les activités socioéconomiques de l’Administration étatique : mairie, daïra, hôpitaux, lycées et dans un passé éloigné, le souk el fellah, la capcs, la sempac,ne pouvaient venir à bout d’une population qui croit vite et qui est livrée à elle même , sont à ce titre trop maigres pour l’occuper et lui assurer la nourriture quotidienne. Il y a aussi quelques artisans, essentiellement des ferronniers, des menuisiers. Mais le plus gros reste les alimentations générales, les boucheries et les marchands de linge de toutes sortes. Qu’à cela ne tienne, le chômage, dans cette région donne des signes criards, et nous livre cette triste impression de régner en maître absolu. Pour s’en rendre compte, il vous suffit d’observer les déplacements presque au hasard des citoyens de ce douar, autrefois vénéré, LES ATH YETSOURA,, et les longues files de stationnement des fourgons qui nous suggèrent ironiquement qu’ils sont alignés là comme pour inviter l’esprit des jeunes montagnards candidats au mieux à l’exil , au pire au suicide , pour quitter définitivement cet horizon fermé. La visite du chef du gouvernement dans cette localité enclavée, remonte à une époque lointaine, et le rythme de développement n’a depuis pas changé. Hormis l’artisanat traditionnel, en phase de balbutiement, aucune autre activité n’est à signaler. Au contraire , certaines professions libérales tentées de s’ y accrocher , comme les avocats , les bureaux d’études et d engineering , les dentistes , les entreprises , les librairies , ayant vite compris que le marché n était pas porteur, se sont empressées de fermer boutique. A Iferhounene, l’état a beaucoup à faire, Pour ne pas dire que tout reste à faire, pour lui, tant la région est naturellement loin d’être gâtée par Dame nature. L’agriculture, limitée aux arbres fruitiers, obéit aux caprices de la météo, et est mise à rude épreuve par le décalage des saisons. Nous sommes à plus de 1000 mètres d’altitude, l’hiver s’installe furtivement et la neige guette, pour étouffer de son épais tapis blanc les embryons de fruits qui aident le rustique kabyle à vaincre la faim. Passons sur les énergies dépensées pour se procurer vivres et moyens de chauffage pendant ce temps que dure cette saison glaciale, brumeuse et stressante. Les malades quant à eux, peuvent attendre que le sol se déshabille de son manteau blanc pour permettre aux véhicules à quatre roues de pouvoir enfin reprendre leur piste sans faire du surplace ou du patinage sur glace. L’hiver passé, le printemps habille le relief de son habit verdoyant, mais cette mine grise va-t-elle enfin quitter ces visages des quinqui genti ? On attend l’été, quand le soleil brûlant vous réchauffe les os pour sortir de cette léthargie, et tenter de l’atteindre en escaladant le pic du zénith. C’est l’inespérée, unique, mémorable, lénifiante occasion qu’offre AZRO N T HOR, le Pic du Zénith, aux jeunes filles pour rêver de leur nuit nuptiale. Quant aux jeunes males, ils continueront à voyager dans leur rêve, aveugles devant la beauté de nos femelles.

    http://iferhounene.dzblog.com

    Commentaire de kadi tayeb (24/02/2009 16:08) :

    décidaient toutes les actions, en présence bien entendu d’un effectif nombreux de harkis et de goumiers. Ces derniers étaient plutôt connus pour leurs violences gratuites sur des femmes soupçonnées de servir les fellaghas. Enfants insouciants et innocents, la colère et la trouille sont devenues notre pain quotidien. En sortant de chez nous à quelque mètres du barbelé qui cerne le village, l’impression de liberté que nous avions ressentie est vite effacée par ces phrases assassines prononcées par des soldats français de souche européenne, reconnaissables à leur accent « a iefehounene, aya ats tcham izzan » traduit en kabyle cela voulait dire « habitants d’iferhounene venez manger de la merde ! Rien que cela, les leçons que les harkis ont apprises à ces jeunes français pour nous narguer comme si la précarité de la vie n’était pas suffisamment dure à supporter. cette phrase m’avait tué de rage, de sucroit quand ma mère et mes frères et soeurs comprenaient bien ce que cela voulait dire d’une part, et, que d’autre part, elle renseignait, en la circonstance sur le cynisme sadique du chef de cette horde de mal élevés, de voyous en uniformes. La section de Pelardi, peut être au nombre de 8 ou 12 éléments, était là alignée pour s’assurer que les ordres donnés par WOLF et consorts étaient appliquées à la lettre. En d’autre termes que ces femmes, ces vieillards et ces enfants en très bas âge ont obéi aux injonctions de quitter sans délai, le village. Apres nous avoir expulsé du village, pour le motif que nous étions une famille de fellagha, les gradés du camp d’iferhounene allaient, du moins le pensaient ils, poursuivre leur entreprise de pacification du village, encouragés pour cela par certains écervelés de harkis, du genre Moahdn Timira (ou Mohand Ath Mira) du village de Tizi N’Kqalus qui continuait même après son arrestation à

    k_tayeb74@yahoo.fr



     
     

    1
    [ Annuaire | VIP-Site | Charte | Admin | Contact iferhounene ]

    © VIP Blog - Signaler un abus