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le colonel Amirouche
31/03/2008 14:42
Instantané de la guerre de libération
EL WATAN 20/01/2008
Je me souviens très bien de ce jour, vers les années 1960. Alors que nous campions tous ensemble, mes frères et mes cousins, au champ dit Tamazirt – sur le versant sud du village Iferhounène – à 150 m seulement face au camp du même nom. Nous étions en train de garder l’unique chèvre qui restait de notre bétail, de notre fortune laissée par nos parents, happés par le colonisateur, lorsqu’une compagnie complète composée de soldats français d’origine européenne et de quelques harkis notoirement connus passait juste devant nous, en colonne, en direction de leur bivouac.
Le hasard n’a pas pu éviter l’événement sempiternel de se produire à ce moment précis, cette chamaillerie qui mettait souvent aux prises, de façon presque cyclique tel un syndrome pathologique, mon cousin Yazid, 10 ans à peine et, son frère Messaoud, 8 ans.– la bataille faisait déjà rage entre les deux frères ennemis quand les premiers soldats venaient de franchir l’endroit où nous étions surpris par cette file indienne de roumis égrenée de harkis. Messaoud, mon cousin l’intrépide, le nerveux aux réactions épidermiques, a la mémoire prodigieuse – il avait tout de même et surtout une facilité déconcertante à retenir les noms des personnages célèbres ou de ceux de larrons que des événements ont rendus tels, à des occasions exceptionnelles.C’est ainsi qu’il pouvait retenir dans sa petite mémoire d’enfant indigène non seulement tous les noms des harkis de la région mais aussi et particulièrement des hauts gradés du FLN et de l’armée française de l’époque – nous étions déjà en 1960 – et notre enfant terrible n’avait que 8 ans – soit deux ans de moins que nous-mêmes. Des noms comme celui de De Gaulle, de Lacoste, ou encore Eisenhower (Américain) n’avaient aucun secret pour lui.
Messali Hadj, Abane Ramdane ou autres, non seulement il les connaissait très bien mais il pouvait leur adjoindre les caractères saillants de leur personnalité, de leur physionomie. Ainsi, De Gaulle, pour lui, était très long et avait un nez qui était hors du commun. Il disait souvent pour ironiser à quelqu’un qui le contrariait qu’il avait le nez de De Gaulle. Ou bien encore les yeux de tel autre personnage. Mais celui dont il finit par adopter définitivement le nom pour en faire une idole, au point de ne jurer que par sa tête, était le redoutable Amirouche, connu sous le surnom deu Lion du Djurdjura – pour lui les héros ne meurent jamais, quelle que soit la puissance de leurs ennemis. Cet enfant intrépide, qui ne se souciait de rien, n’a pas raté l’occasion inespérée, à ce moment précis, à l’endroit même où la compagnie venait de passer devant nous à quelques mètres seulement, pour se mettre à gueuler en vidant sa colère incontenable sur son frère qui le taquinait, en ces termes, à très haute voix et de façon très distinctive : « Je jure sur la tête de Amirouche que je vais te tuer, oh Yazid de m… ! Je vais d’écrabouiller ton portait de Mohand ath M., harki ! Va, tu n’es pas mon frère, tu es plutôt le frère à Ouali Ath O. ! » Cette avalanche de mots, débités sans interruption à voix porteuse, n’a pas manqué d’attirer le regard de tous les soldats qui étaient à proximité du lieu où se déroulait la bagarre entre les deux ennemis et non moins frères de père et de mère. A cet instant précis – et comme à la parade, tels des joueurs de baby-foot guidés par le même mouvement – tous les regards se tournèrent brusquement vers l’endroit d’où fusait ce terrible nom de Amirouche, d’une voix aigue et vibrante en même temps. Une sorte de réflexe conditionné avait saisi subitement la file de soldats qui s’étaient retournés comme s’ils s’apprêtaient à découvrir soudain ce redoutable guerrier en face d’eux, surgir de derrière un arbre, ou à travers un mur de ces mechtas alignées face au camp. J’avais deviné que tous les soldats F.S.E et F.S.N.A, tous grades confondus ou simples hommes de troupe, connaissaient parfaitement le terrifiant nom de Amirouche. Enfant indigène de surcroît inculte que j’étais à cet âge car, privé de tout, j’avais vite compris l’ampleur du combat que livrait ce redoutable guerrier à une puissance pourtant surarmée. J’ai surtout compris que la suprématie, dans un conflit armée, ne résidait pas seulement dans la puissance de feu mais qu’aussi dépendait de l’audace et de l’intelligence des chefs militaires. En un mot, de la stratégie dans la manière de livrer bataille à son ennemi. C’est cela la guérilla. L’onde de choc qui s’était répandue au sein de cette compagnie était telle que, nous, enfants insouciants, étions d’un coup saisis de perplexité – une atmosphère de méfiance, inexplicable, contagieuse s’était soudainement répandue autour de nous, suivie d’un silence effrayant tant du côté de tous ces éléments de l’armée d’occupation que du côté de ces enfants indigènes que nous étions – tous âgés entre 7 et 10 ans. Nous avions tous compris à ce moment-là, soldats français et enfants de fellaghas que nous étions, qu’un monde séparait nos deux cultures, et surtout nos deux philosophies, nos deux religions. Ils sont les envahisseurs, nous sommes les autochtones, les propriétaires des lieux. Ils sont là pour nous asservir, nous exploiter, nous voler, nous martyriser. La terreur du colonel était le remède au système inique, violent, criminel, qui s’installait progressivement dans notre pays. Cela fait 4 ans déjà que le camp d’Iferhounène a été installé chez nous, la situation allait pour nous de mal en pis : frères et pères tués, oncles emprisonnés, biens saccagés, il ne subsistait pour nous que les chamailleries de frères et sœurs livrés à eux-mêmes et sans ce précieux intermédiaire conciliateur, nos pères. Il ne restait pour nous que la guerre, sans autre issue que la mort. Mon père avant de mourir nous a légué cette phrase lapidaire : « Maintenant que Amirouche est mort, qu’il ne subsiste aucun d’entre nous ! Mourrons tous, car c’est l’unique alternative qui nous est laissée. Le colonialisme vit au détriment du colonisé. Il l’avilisse, il le martyrise, il l’appauvrit, en un mot le détruit progressivement. » Nous, enfants indigènes et aussi enfants de fellagas, étions prédestinés à une autre vie, pas celle de pacifiés, assimilés aux Européens. Nous sommes mis dans un état de rébellion pathologique par les conditions de dénuement total qui nous sont imposées par l’envahisseur. L’école française que nous avions commencé à fréquenter n’a fait que réveiller en nous les braises d’un feu mal éteint : la haine de celui qui nous a privé de tout : d’abord de l’affection de nos pères, ensuite des moyens de survie. Nos biens ont été lapidés et nos maisons confisquées. La puissance coloniale aura réussi à reproduire en nous, enfants innocents, ce que, eux, appellent par confusion délibérée, préméditée, des futurs terroristes que par conséquent, il faudra, tôt ou tard, penser à éliminer. Des rebelles à vouer à la corvée de bois. La corvée de bois ! Quelle subtilité barbare ! Comment l’esprit d’enfants d’indigènes insouciants peut-il admettre que l’on puisse montrer sa force, sa puissance devant un homme sans arme et, par-dessus tout, faire croire à l’humanité toute entière, à l’histoire de l’homme, que le condamné, victime d’une exécution préméditée, sans aucun jugement, qu’il a tenté de fuir. Pis encore, l’infortuné est tué avec cet espoir d’être libéré pour retourner à ces enfants chéris qui l’attendent pour continuer à vivre. Comment des dirigeants d’une puissance militaire, d’une nation qui a vu naître et grandir les droits de l’homme, puissent-ils admettre que de tels crimes aient lieu sous leur commandement ? Peut-être avaient-ils été les commanditaires ? Quelle grandeur pourrait-on reconnaître à ces stratèges politiques et militaires qui ont été formés dans les écoles de Victor Hugo, Ronsard, Montaigne, Voltaire et Pascal ? Mon Dieu, quelle sauvagerie est cette culture occidentale ?! Et ces soldats français, dont la plupart avaient moins de 30 ans, peut-être à peine 20 ans, malgré proches de nous, en tant qu’êtres humains pensants, n’avaient-ils pas d’autres alternatives que celle de nous réduire à néant. Ils étaient en fait conditionnés pour cette mission. Il ne faut pas leur en vouloir, car moi-même j’ai été jeune, et de surcroît orphelin et fils de fellagha, je ne suis pas un saint, et pourtant, je me souviens que mon seul péché était de dévaliser l’école primaire de ses plus jolis livres pour en arracher les images. Rien que cela. Je n’ai pas tué et préfère pour cela mourir que de mettre fin à la vie d’un être humain. Ces jeunes Français appelés sont, pour la plupart, comme moi, j’en suis sûr. Pour preuve, des soldats dont je n’ai retenu que le prénom ont pris notre partie. Guy, Marcel, Robert, Madame Boucher, femme d’un non moins lieutenant de la SAS étaient des soldats français FSE. Ils nous ont protégés et protégé nos mères et nos sœurs. Cette compassion des appelés français, enseignants, m’a évité de faire la confusion plus tard entre les crimes, les nazis et les soldats français et réussit à faire la part des choses. De ce côté-là, paradoxalement, tout en étant musulman entier, j’applique le commandement qui est pourtant adressé aux chrétiens : tu ne tueras point ! Ces soldats FSE prendront assurément conscience de leur erreur plus tard… quand le moment de la remise en cause inéluctable viendra. L’heure de vérité sonnera pour eux quand ils seront proches du tombeau et feront leurs adieux aux vivants ici bas.
Mais que dire alors des harkis qui ont choisi, volontairement, ou sans se rendre compte, de se positionner contre leur propre peuple, leurs propres frères, pour défendre une cause perdue d’avance, une cause injuste, des intérêts d’une nation en proie aux difficultés socio-économiques. Et même les citoyens français, engagés temporairement, n’arrivaient pas à justifier vis-à-vis de leur conscience leur engagement, leur prise de position en faveur de l’Algérie française. Ils étaient et continueraient à mourir pour certains pour des idéaux, des enjeux qui ne les touchaient ni de loin ni de près. Ils servaient un système qui perpétuait la domination et la servitude des hommes favorisés et bien servis par le système non moins exploiteur, non moins injuste et non moins ingrat déjà à l’égard de ses propres membres qui s’efforcent en vain de croire, malgré eux, en l’honneur de la France dans cette affaire d’extermination d’autres hommes, d’asservissement d’autres femmes et d’enfants d’un pays soumis par la force et la tyrannie, le leur qui leur a volé leur jeunesse, pour un résultat inutile. Pis encore !déshonorant. Pour ces Français, harkis ou fellaghas, ce sont les mêmes doigts d’une seule main qu’il faut, à défaut d’exploiter, éliminer. Le colonialisme porte en lui les germes de sa propre négation. Amirouche était devenu un dieu dans l’esprit de ces enfants indigènes, orphelins, ou privés de l’affection de leurs pères croupissant dans les geôles depuis déjà plusieurs années. Ils seront les futurs fellaghas, si la guerre venait à perdurer. Le cas de 7 enfants alignés là devant cette puissante compagnie de chasseurs alpins, avec à leur tête un lieutenant foudre de guerre, livrés à eux-mêmes, se chamaillant pour briser la domination de leurs aînés, sous l’œil indifférent de ces chefs de guerre, roumis, mais ébranlés par cette culture terroriste qui classe l’enfant indigène kabyle déjà dans sa destinée de futur fellagha, l’opposant du coup à celui des harkis. C’est cela ce que la propagande coloniale appelle l’opposition ou le conflit fratricide. Les noms de harkis tels que Doumra, Ouali Ath O., Mohand T., Mohand Ath M. étaient déjà entrés dans le langage populaire, mais comme des surnoms chargés de tout leur poids péjoratif et il n’était pas surprenant de vous entendre, en ces temps de guerre, être surnommé par des noms authentiques mais usés comme simple sobriquet. Amirouche, même mort par contre comme, disait Conroux, continuait de faire peur. C’est le symbole de la justice forte, efficace et opposée à la force tyrannique du colonisateur. L’auteur est retraité
par Abdenour Si Hadj Mohand
Mis en ligne par le webmaster le 20 janvier 2008
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les troupes du colonel Amirouche , les chasseurs alpins et les harkis-1954-1962
29/03/2008 17:22
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" Il est aussi facile de rêver un livre qu'il est difficile de le faire. "
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Honoré de Balzac |
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" Les troupes du Colonel Amirouche, les chasseurs alpins et les Harkis "
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Résumé : 1958. Iferhounène, un village kabyle suspendu dans les airs, face à l’imposant pic d’Azrou n’Thor. Un village, mais aussi un camp militaire français. Les chasseurs alpins d’un côté, les fellaghas de l’autre. Abdenour a alors huit ans. Avec ses yeux d’enfant, il assiste aux exactions dites pacificatrices de l’occupant. Au choix des rebelles. A celui des Harkis. A l’être humain en action…
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Critique : Après « Fils de fellagha » et « La Guerre vécue par un chasseur alpin », Abdenour Si Hadj Mohand poursuit son travail de mémoire en dénonçant une fois encore le cauchemar colonialiste. Toujours aussi vibrant de colère et d’émotion, il apporte une pierre de plus à l’honneur d’un peuple algérien déchiré. Et s’il condamne, il cherche aussi à comprendre. A l’heure où certains veulent vanter les effets bénéfiques du colonialisme, il semble plus que nécessaire de se plonger dans cette leçon d’Histoire. |
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tEmoignages sur la guerre d'Algerie en Kabylie
29/03/2008 17:15
EL QAOULIOU YAVDHA AFALLIF
ALLAH YA LATIF
AVRIDHA QWANE LES RALLIES
OUAHMAGH DHACHOU YEZDEKSEN
ELDJAYER AAZIZEN
MIGOUDJANE ALLI GOUMMIERS
ELDJAZAIR OURKOUNTAHWADJ
KOUNOUI ALAKHMADJ
THALLA THARRAOU THIK ANVI
NAK OULIOU YOUGUI ADHISVAR
IFRANSA AYIDAHDHAR
AYEDASSAOUEL A LI RALLIERS (les ralliés)
LMOURAD DHLISTIQLAL
AMASSA ANAMZAR
ADIFRAZ OUHARRI DHOUAKLI
POEME DICTE PAR AINI
1958-IFERHOUNENE
TRADUCTION FRANÇAISE
Mon discours commence par la lettre A
Diable! Quel malheur!
Cette fois y a trop de rallies (harkis)
Je suis sceptique quant à ce que l'on peut reprocher
À l'Algérie chérie
Pour s'engager dans les rangs des goumiers (le goumme)
L’ALGÉRIE n’à que faire de vous
Oh! Renégats que vous êtes
Elle peut compter sur ses fils authentiques
Quant à moi, je ne peux supporter
Que la France m'adresse la parole
Pour m'appeler "rallies"
Notre objectif étant l'indépendance
On se reverra ce jour
On distinguera alors entre l'homme libre et l'esclave
Ce poème met en comparaison les choix faits par les maquisards et les harkis et goumiers durant la guerre de libération (1954-1962). Une fois de plus je ne fais que rapporter intégralement ce que la vox populi a chanté sans rien ajouter ni retrancher. Si le terme ALLOUKHMADJ avait été utilisé , il correspond bien par rapport à l'époque aux agissements des FSE et FSNA qui , heureusement ne se sont pas tous faits remarqués par les exactions , les violences et les viols.
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Commentaire de iferhounene (30/03/2008 23:16) :
GUERRE D’ALGERIE
1954-1962
« Amirouche, les fils de fellaghas et les chasseurs alpins»
Iferhounéne 1959
Témoignage historique
Par
Abdenour Si Hadj Mohand
Je me souviens très bien de ce jour, vers les années 1960.Alors que nous
étions campés tous ensemble ,mes frères et mes cousins , au champ dit
tamazirt – sur le versant sud du village Iferhounene – à 150 mètres
seulement face au camp du même nom. Nous étions en train de garder l’unique
chèvre qui restait de notre bétail, de notre fortune laissée par nos
parents happés par le colonisation, lorsqu’une compagnie complète composée
de soldats français d’origine européenne et de quelques harkis notoirement
connus passait juste devant nous, en colonne par un, en direction de leur
bivouac. Le hasard n’a pas pu éviter l’événement sempiternel de se produire
à ce moment précis, cette chamaille qui mettait souvent aux prises, de
façon presque cyclique telle un syndrome pathologique, mon cousin Yazid 10
ans à peine et, son frère Messaoud 8 ans. – la bataille faisait déjà rage
entre les deux frères ennemis quand les premiers soldats venaient de
franchir l’endroit où nous étions surpris par cette file indienne de roumis
égrenée de harkis. Messaoud, mon cousin l’intrépide , le nerveux aux
réactions épidermiques, a la mémoire prodigieuse-il avait tout de même et
surtout une facilité déconcertante à retenir les noms des personnages
célèbres ou de ceux de larrons que des événements ont rendus tels,à des
occasions exceptionnelles - C’est ainsi qu’il pouvait retenir dans sa
petite mémoire d’enfant indigène non seulement tous les noms des harkis de
la région mais aussi et particulièrement des hauts gradés du FLN et de
l’armée française de l’époque - nous étions déjà en 1960-et notre enfant
terrible n’avait que 8 ans- soit deux ans de moins que moi-même. Des noms
comme celui De Gaulle, de Lacoste, ou encore Eisenhower (américain)
n’avaient aucun secret pour lui. Messali Hadj, Abane Ramdane ou autre, non
seulement il les connaissait très bien mais il pouvait leur adjoindre les
caractères saillants de leur personnalité, de leur physionomie. Ainsi De
Gaulle pour lui, était très long et avait un nez qui était hors du commun.
Il disait souvent pour ironiser à quelqu’un qui le contrariait qu’il avait
le nez De Gaulle. Ou bien encore les yeux de tel autre personnage .Mais
celui–ci dont il finit par adopter définitivement le nom pour en faire une
idole, au point de ne jurer que par sa tête était le redoutable Amirouche
connu sous le surnom de Lion du DJURDJURA- pour lui les héros ne meurent
jamais, quelque soit la puissance de leurs ennemis. Cet enfant intrépide,
qui ne se souciait de rien n’a pas raté l’occasion inespérée, à ce moment
précis, à l’endroit même où la compagnie venait de passer devant nous à
quelques mètres seulement, pour se mettre à gueuler en vidant sa colère
incontenable sur son frère qui le taquinait, en ces termes, à très haute
voix et de façon très distinctive : « je jure sur la tête de Amirouche que
je vais te tuer, oh Yazid de m… ! Je vais d’écrabouiller ton portait de
Mohand ath M., harki ! Va tu n’es pas mon frère, tu es plutôt le frère à
Ouali Ath O. ! » Cette avalanche de mots débitée sans interruption à voix
porteuse n’a pas manqué d’attirer le regard de tous les soldats qui étaient
à proximité du lieu où se déroulait la bagarre entre les deux ennemis et
non moins frères de père et de mère. A cet instant précis- et comme à la
parade, telle des joueurs de baby foot guidés par le même mouvement, tous
les regards se tournèrent brusquement vers l’endroit d’où fusait ce
terrible nom de Amirouche, d’une voix aigue et vibrante en même temps. Une
sorte de réflexe conditionné avait saisi subitement la file de soldats qui
s'était retournée comme s’ils s’apprêtaient à découvrir soudain ce
redoutable guerrier en face d’eux , surgir de derrière un arbre , ou à
travers un mur de ces mechtas alignées face au camp. J’avais deviné que
tous les soldats F.S.E et F.S.N.A, tous grades confondus ou simples hommes
de troupe connaissaient parfaitement le terrifiant nom de Amirouche. Enfant
indigène de surcroît inculte que j’étais à cet âge car, privé de tout,
j’avis vite compris l’ampleur du combat que livrait ce redoutable guerrier
à une puissance pourtant surarmée. J’ai surtout compris que la suprématie,
dans un conflit armée, ne résidait pas seulement dans la puissance de feu
mais qu’aussi dépendait de l’audace et de l’intelligence des chefs
militaires. En un mot de la stratégie dans la manière de livrer bataille à
son ennemi. C’est cela la guérilla. L’onde de choc qui s’était répandue au
sein de cette compagnie était telle que, nous, enfants insouciants étions
d’un coup, saisis de perplexité - une atmosphère de méfiance,
inexplicable, contagieuse s’était soudainement répandue autour de nous
suivie d’un silence effrayant tant du coté de tous ces éléments de l’armée
d’occupation que du coté de ces enfants indigènes que nous étions- tous
âgés entre 7 et 10 ans.
Nous avions tous compris à ce moment soldats français et enfants de
fellaghas que nous étions, qu’un monde séparait nos deux races, nos deux
cultures, et surtout nos deux philosophies, nos deux religions. Ils sont
les envahisseurs, nous sommes les autochtones, les propriétaires des lieux.
Ils sont là pour nous asservir, nous exploiter, nous voler, nous
martyriser. La terreur du colonel, était le remède au système inique,
violent, criminel, qui s’installait progressivement dans notre pays. 4 ans
déjà que le camp d’iferhounene a été installé chez nous, la situation
allait pour nous de mal en pis :
Frères et pères tués, oncles emprisonnés, biens saccagés, il ne subsistait
pour nous que les chamailles de frères et sœurs livrés à eux –mêmes et sans
ce précieux intermédiaire conciliateur, nos pères. Il ne restait pour nous
que la guerre, sans autre issue que la mort .Mon père avant de mourir nous
a légué cette phrase lapidaire : « maintenant que Amirouche est mort,
qu’il ne subsiste aucun d’entre nous ! Mourrons tous, car c’est l’unique
alternative qui nous est laissée. Le colonialisme vit au détriment du
colonisé. Il l’avilisse, il le martyrise, il l’appauvrit en un mot le
détruit progressivement »
Nous, enfants indigènes et aussi enfants de fellagas, nous étions
prédestinés à une autre vie.pas celle de pacifiés, assimilés aux européens.
Nous sommes mis dans un état de rébellion pathologique par les conditions
de dénuement total qui nous sont imposées par l’envahisseur.
L’école française que nous avions commencé à fréquenter n’a fait que
réveiller en nous les braises d’un feu mal éteint : la haine de celui qui
nous a privé de tout : d’abord de l’affection de nos pères, ensuite des
moyens de survie. Nos biens ont été lapidés et nos maisons confisqués.
La puissance coloniale, aura réussi, de reproduire en nous, enfants
innocents, ce que, eux, appellent par confusion délibérée, préméditée, des
futurs terroristes que par conséquent il faudra, tôt ou tard penser à
éliminer. Des Rebelles à vouer à la corvée de bois.
La corvée de bois ! Quelle subtilité barbare ! comment , l’esprit d’enfants
d’indigènes insouciants peut il admettre , que l’on puisse montrer sa
force , sa puissance devant un homme sans arme, et pardessus tout faire
croire à l’humanité toute entière , à l’histoire de l’homme , que le
condamné, victime d’une exécution préméditée , sans aucun jugement , qu’il
a tenté de fuir. Pis encore, l’infortuné est tué avec cet espoir d’être
libéré pour retourner à ces enfants chéris qui l’attendent pour continuer à
vivre
Comment des dirigeants d’une puissance militaire, d’une nation qui a vu
naître et grandir les droits de l’homme, puissent-ils admettre que de tels
crimes aient lieu sous leur commandement ? Peut être avaient ils été les
commanditaires ? Quelle grandeur pourrait on reconnaître à ces stratèges
politiques et militaires qui ont été formés dans les écoles de Victor Hugo,
Ronsard, Montaigne, Voltaire et Pascal ? Mon Dieu, quelle sauvagerie est
cette culture occidentale ?!
Et ces soldats français, dont la plupart avaient moins de 30 ans, peut être
à peine 20 ans malgré proches de nous, en tant qu’êtres humains pensants,
n’avaient ils pas d’autres alternatives que celle de nous réduire à néant.
Ils étaient en fait conditionnés pour cette mission. Il ne faut pas leur en
vouloir, car moi même j’ai été jeune, et de surcroît orphelin et fils de
fellagha, je ne suis pas un saint, et pourtant je me souviens que mon seul
péché était de dévaliser l’école primaire de ces plus jolis livres pour en
arracher les images. Rien que cela. Je n’ai pas tué et préfère pour cela
mourir que de mettre fin à la vie d’un être humain. Ces jeunes français
appelés, sont pour la plupart comme moi, j’en suis sur. Pour preuve de
soldats dont je n’ai retenu que le prénom ont pris notre partie. GUY,
Marcel, Robert, Madame Boucher, femme d’un non moins lieutenant de SAS,
étaient des soldats français FSE .Ils nous ont protégés et protégé nos
mères et nos sœurs. Cette compassion des appelés français, enseignants, m’a
évité de faire la confusion plutard entre les crimes, les nazis et les
soldats français et réussit à faire la part des choses.
De ce coté là, paradoxalement, tout en tant un musulman entier,
j’appliques le commandement qui est pourtant adressé aux chrétiens : tu ne
tueras point !
Ces soldats FSE prendront assurément conscience de leur erreur
plutard….quand le moment de la remise en cause inéluctable viendra. L’heure
de vérité sonnera pour eux quand ils seront proches du tombeau. et feront
leurs adieux aux vivants ici bas.
Mais que dire alors des harkis qui ont choisi , volontairement , ou sans se
rendre compte de se positionner contre leur propre peuple , leurs propres
frères, pour défendre une cause perdue d’avance, une cause injuste , des
intérêts d’une nation en proie aux difficultés socio économiques. Et même
les citoyens français engagés, temporairement, n’arrivaient pas a justifier
vis a vis de leur conscience leur engagement, leur prise de position en
faveur de l’Algérie Française. Ils étaient et continueraient à mourir pour
certain pour des idéaux, des enjeux qui ne les touchaient ni de loin ni de
près. Ils servaient un système qui perpétuait la domination et la
servitude des hommes favorisés et bien servis par le système non moins
exploiteur, non moins injuste et non moins ingrat déjà à l’égard de ses
propres membres qui s’efforcent en vain de croire malgré eux , en l’honneur
de la France dans cette affaire d’extermination d’ autres hommes,
d’asservissement d’autres femmes et d’ enfants d’un pays soumis par la
force et la tyrannie, le leur qui , leur a volé leur jeunesse , pour un
résultat inutile., pis !déshonorant.
Pour ces français, harkis ou fellaghas, ce sont les mêmes doigts d’une
seule main qu’il faut à défaut d’exploiter, éliminer.
Le colonialisme porte en lui les germes de sa propre négation, Amirouche
était devenu un Dieu dans l’esprit de ces enfants indigènes, orphelins, ou
privés de l’affection de leurs pères croupissant dans les geôles depuis
déjà plusieurs années. Ils seront les futurs fellaghas, si la guerre venait
à perdurer.
Le cas de 7 enfants alignés là devant cette puissante compagnie de
chasseurs alpins, avec à leur tête un lieutenant foudre de guerre, livrés à
eux-mêmes, se chamaillant pour briser la domination de leurs aînés, sous
l’œil indifférent de ces chefs de guerre, roumis, mais ébranlés par cette
culture terroriste qui classe l’enfant indigène kabyle déjà dans sa
destinée de future fellagha, l’opposant du coup à celui des harkis. C’est
cela ce que la propagande coloniale appelle l’opposition, ou le conflit
fratricide.
Les noms de harkis tels que DOUMRA, OUALI ATH O…, MOHAND T., MOHAMED ATH
M.. étaient déjà entrés dans la langage populaire, mais comme surnom chargé
de tout leur poids péjoratif et il n’était pas surprenant de vous entendre,
en ces temps de guerre, surnommé par des noms authentiques mais usés comme
simple sobriquet.
Amirouche, même mort, par contre comme disait CONROUX continuait de faire
peur. C’est le symbole de la justice forte, efficace opposée à la force
tyrannique du colonisateur.
Amirouche, mort ou vivant a réalisé son objectif, celui de faire prendre
conscience à son peuple que le mythe de la supériorité de l’envahisseur,
désormais n’existe plus, que l’ennemi colonisateur n’est plus assuré des sa
victoire dans son dessein diabolique d’instauration, contre la nature des
choses, d’une Algérie française au risque d’aboutir à une « France nord
africaine » ou des FSNA revendiquent une origine qui n’en est pas une, à
tout égard. Je m’immisce dans des affaires françaises, car l’histoire m’y
oblige.
sihadj.abdenour@hotmail.com |
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Commentaire de youba (17/02/2009 02:15) :
azul imazighen qui ont chassé les français de notre territoires,ils
méritens plus que ça meme si on a r1 fé pr eux vraiment
ils ont donné leur vie pr que nous survivons mé domage on prend pa les
choses come il faut
en tou ca un grand merci pr eux et pr leur sacrifice
je swé fièr de nos ancètre soi a l'algérie soit au maroc ds toute
TAMAZGHA
azul flawn ,tnmirt
http://agraw.com y_ouba_2959@hotmail.com |
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Commentaire de nacer (07/03/2009 21:30) :
ce poeme est de si moh oumhend a mon avis il n'est bien sitée il a un
manque concernant les harkis que tu cite a chaque fois il faut savoir que
plusieur personne de ces harquis c'est les moudjahidine qui les ont
forcé la realité n'est pas caché si on veut ecrire l'histoire
convenablement nous devons dire la realité sur toute chose salut
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la guerre en kabylie 1954-1962
03/03/2008 15:13
9 Préface Un chasseur alpin raconte sa vie. Un fils de « fellagha » raconte la sienne. Ce qu’elles ont de communs, ces deux existences : le lieu du déroulement du drame, Iferhounéne, un village kabyle posté depuis l’ère des quinqué gentii1 sur un mamelon qui fait face à l’imposante chaîne du djurdjura. En y installant leur camp dés 1956, les forces d’occupation avaient visé un objectif stratégique, inspiré de la nature même du relief escarpé et de la position dominante du chef lieu de cette portion du territoire algérien : Observer les mouvements des villages environnants : Tifilkout, Ait arbi, Ait Hamou, Ait Mansour, Barber, Taourirt Ali Ouanacer, Tikilsa. Quant à Haadouche et les autres, même cachés, ils ne seront qu’à quelques minutes de marche de là, à portée de canon. Jadis panorama touristique pittoresque, le Djurdjura allait, des années durant, offrir une image apocalyptique ou se mêlent tous les malheurs d’un peuple marqué par son histoire déjà trop agitée : batailles sanglantes, embuscades, ratissage …torture, viols, exécutions sommaires. Le chasseur et le fils de fellagha, ont passé ensemble une partie de leur vie, face à face, chacun de son coté de la barrière… Du barbelé qui sépare le village du camp militaire. Sans se connaître, ils ont vécu les mêmes événements historiques qu’ils ont ressentis chacun à sa 1 quinqué gentii. Terme romain, utilisé pour designer les 5 premières tribus berbères installées au flan DJURDJURA, appelé par les romains, Mons Ferratus ou montagne de fer, en raison de la résistance farouche opposée à l’occupant. 10 manière, selon ses propres convictions. Différemment, voire parfois même antagonistes, malgré le point commun qui peut rapprocher les hommes dans certaines circonstances, dans leur pensée, deux hommes épris de paix et de justice. Dans la première partie de cette oeuvre ; Le chasseur alpin, nous livre les secrets de cette courte période de son service militaire, passée à livrer bataille malgré lui, à un ennemi invisible, au lieu disait-il, de séjourner en touriste insouciant dans ce qu’en métropole, on appelait, fanfaronnerie ironique « les vacances algériennes. » Je ne dirai rien de sa vie privée, et ne porterai aucun commentaire sur ses sentiments exprimés, dans ce livre qui a le mérite de nous dire des choses authentiques, sans détours, sur le drame vécu par le peuple algérien. Si l’histoire est authentique, les noms des acteurs ont été changés sciemment pour des raisons évidentes de respect de la discrétion. Mais cela ne leur enlève en rien, la reconnaissance du mérite ou la condamnation de l’opinion. Nous laissons le soin sur cet angle, à l’Histoire pour en juger. A coté des faits véridiques endeuillants relatés par le soldat, le narrateur a voulu mettre une place à l’amour, aux sentiments positifs, à travers cette édile pour la Femme, avec un grand F incarnée par YASMINA qui aurait pu s’appeler Lila ou khelidja, ou encore Jacqueline, et résider à Ait El Mansour, Taourirt ou encore Iferhounée, Tifilkout ou Iril El Arbi ou tout simplement Lyon, Marseille, Nantes dans un contexte de paix Cette histoire est le fruit de la pure imagination délirante du soldat français, pour rendre moins pénible, moins cruelle, moins insupportable la vie, quand la mort est devenue la rançon quotidienne pour tous, de quelque coté du conflit où l’on peut se placer. La deuxième partie de ce livre est consacrée aux récits des faits de ces événements à la même période, vu d’un 11 oeil d’enfant innocent, qui n’avait que 4 ans et grandi dans le fracas des armes jusqu’à l’age de 12 ans, pour finir seul, privé de tous ses parents happés par la machine de guerre infernale d’une puissance militaire. Ils sont 8 hommes de la même famille, tous dans la force de l’age, en bonne santé, bien éduqués, lettrés, à être tués par l’armée française, entre 1958 et 1960, tous les armes à la main. Ils étaient, ce que la propagande coloniale appelait « les Fellaghas », et, que l’enfant de la guerre, fils de « fellagha », lui, a toujours pleurés, en secret, dans ses moments de plus grande solitude. Pour lui, il ne subsiste aucun doute : ils sont morts pour leur patrie, en martyrs de la révolution. Cette oeuvre se veut un témoignage fort sur le sacrifice du peuple algérien, le drame des hommes, des femmes et des enfants colonisés, dominés, maltraités, torturés, assassinés. Il est aussi une lueur d’espoir pour les générations montantes de pays développés pour refuser, rejeter le fait colonial et condamner la guerre.
Livre 1 Un soldat français m’a raconté… Un épisode de la guerre d’Algérie qui s’est déroulé dans mon village : Iferhounéne (Kabylie 1958-1960)
Première partie
17 Insouciance Août 1957, la date fatidique approchait, au mois de septembre je serai convoqué pour effectuer mon service militaire. Ainsi une partie de ma vie s’achevait. Ma bicyclette appuyée contre un arbre de la forêt de Senlis, j’étais allongé sur un tapis de mousse et regardais le ciel bleu azur à travers le feuillage d’un chêne centenaire. Mon enfance me revenait en mémoire, toute ma tendre et heureuse jeunesse passée dans ce quartier populaire de la Villette où se côtoyaient Français, Italiens et Algériens sans grande harmonie mais sans trop de problèmes. Les années de guerre avaient eu raison des petites économies de mes parents, consacrées en grande partie à l’achat de denrées payées au prix fort, qui permirent à ma soeur et moi de nous alimenter à peu près correctement. Les instituteurs de l’école primaire de la rue de l’Ourcq m’amenèrent jusqu’au certificat d’études que j’obtins facilement, mais sans grand mérite, car j’apprenais facilement et souvent mes leçons étaient retenues sur le chemin menant à l’école. J’avais passé avec succès l’examen d’entrée en sixième du lycée Colbert, mais mon père, sachant qu’il ne pourrait faire face à de longues et coûteuses études malgré les bourses délivrées chichement, décida que j’apprendrais un métier manuel. J’avais une préférence pour le métier d’électricien, mais ma brave maman, gardienne d’immeu18 ble, (on disait concierge à l’époque, d’une façon moins péjorative que maintenant) avait l’estime de "ses" locataires et au cours d’une conversation avec une demoiselle de l’immeuble, celle-ci lui fit part des avantages des métiers des arts graphiques. C’est ainsi qu’au mois de septembre 1951 la grande famille des typographes comptait un apprenti de plus. Merci chère maman de m’avoir fait épouser le plus beau des métiers, hélas, obsolète aujourd’hui. C’était le début de ma vie professionnelle, mais je ne quittais pas pour autant l’enseignement général ; tous les mercredis pendant quatre ans, je retrouvais les bancs et ateliers de la prestigieuse École Estienne ; les professeurs nous enseignaient avec autorité et compétence de solides cours théoriques et pratiques sur les métiers de l’imprimerie. Tous les soirs je rentrais chez moi vers 17h30 ; après une rapide toilette, je rejoignais mes copains au café "La Mandoline", c’était notre lieu de rencontre habituel ; le petit groupe que nous formions était sans histoire ; tout le monde nous connaissait, les quelques voyous du quartier eux-mêmes nous saluaient, nous avions usé nos fonds de culottes sur les mêmes bancs d’école ; pour eux, nous faisions partie du paysage depuis toujours et ils nous fichaient une paix royale. Nous avions de bons rapports avec les Italiens et les Maghrébins qui malgré leur nombre élevé se faisaient discrets. Après avoir dégusté une ou deux boissons non alcoolisées (le lait grenadine était très à la mode à cette époque), nous "montions" nonchalamment jusqu’au métro "Crimée" pour y retrouver d’autres copains et surtout nos chères copines… J’étais très amoureux de Denise. Avec le recul je pense qu’il s’agissait plutôt d’attirance physique ; ce sentiment qu’inspire une jolie fille de dix-huit ans à un
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Commentaire de sihadj.abdenour (03/03/2008 16:07) :
Abdenour Si Hadj Mohand - Jean Collet
La Guerre vécue
par un chasseur alpin
Abdenour Si Hadj Mohand - Jean Collet
La Guerre vécue
par un chasseur alpin
26,00 Euro
Diffusion : www.publibook.com
La Guerre vécue par un chasseur alpin Abdenour Si Hadj Mohand - Jean
Collet
ISBN
-:UUUUUUUUU:
Iferhounéne (Kabylie) 1954-1962
1957. Jean a tout juste vingt ans. Appelé, il effectue ses classes de
chasseur alpin et embarque pour l’Algérie. Un camp au coeur des
montagnes de Kabylie. Autour, partout et nulle part, l’ennemi.
Invisible. Jadis panorama touristique pittoresque, le Djurdjura va,
des années durant, offrir une image apocalyptique : exactions en
tout genre, torture, viol. Plongé dans un univers qui le transforme,
l’Homme tente de dominer sa sauvagerie. Entre les mensonges
pour rassurer les parents, les patrouilles, les embuscades et les
fouilles de villages, Jean essaie de s’adapter…
En puisant dans leurs souvenirs, Abdenour Si Hadj Mohand et
Jean Collet offrent une vision authentique de ce conflit hors-norme
qu’on appelait guérilla. Loin de tout cliché, l’ouvrage révèle le
quotidien de la guerre, ce mal qui contamine l’être humain,
le transformant en une bête aux instincts les plus sombres.
Un formidable travail de mémoires conjuguées, pour un digne
hommage au peuple algérien, et à tous les morts de l’abomination
coloniale.
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Commentaire de sihadj.abdenour (03/03/2008 16:07) :
Le présent ouvrage est dédié
à mes enfants, ma femme et les membres de la famille
et à toutes victimes de guerre du monde.
A mes amis :
Jean Boulanger
Docteurs Aït Saïd, Azouaou, Saad, Sellah,
Aux habitants des villages :
Iferhounene-Iril El Arbi-Tifilkout-Soumer-Souk El Had-
Ait Hammou-Ait Idir Ouali-Hadouche-Taourirt-
Aït El Mansour-Tikilsa-Aït Ouatas-Tizit-Mnea-
Boumessaoud-Ouerja-Tirourda-Berber-Tizi Guefres-
Ait ali ouyahia-Tizit-Tirourda
A Myriem (adlis), Ravah, Allou Omar Derouich
8
RRATISSAJ DI TEWRIRT
FFГEMT-D A SUT TEWRIRT !
D ASIREKLI N LEMDERSA.
AM YERGAZEN AM TULAWIN ;
BESSIF D ARUMI,
LLUFAN DI DDUH YEDDA.
ASMI I SSERГAYEN IΣECCIWEN,
NEHSA-TEN DDUKLEN,
DINNA I Г-HEGGAN LEBLASA.
MI Г-HARBEN S IГUNAM,
TTESFIR BDAN,
NESΣEDDI LEMHASBA.
LEDJAMEΣ ΣZIZEN I TZALLIT,
GI NETCA TIГRIT,
DEGS I Г-TNUDA FRANSA.
IRGAZEN ATNA DI TEJMAΣT,
LITUNE YEQQWEL D TIBBURA
ID, QELΣEN-D A Г-PIKIYEN
SA’SSI’LANE CUDDEN
WIDAK IDEGΣEN TISURA.
TILAWIN ARA TTMEDJIDET,
ARA SSAWALET I LYUTNA
9
NAГ LYUTNA D ARUMI,
SIWLEMT I REBBI
A Г-IΣIWEN DI FRANSA !
AXI D LFEDJEΣ A TARWIHT !
D ABAYU UMI YETTGALLA.
YEGGUL WELLAH UR YEHNIT
AD A D-AGMEMT DI TALA.
YEGGUL A TEGGUMT AГRUM
A TECQECREMT LBATATA.
IMI D-FFГENT TEMRABDIN
AMZUN D TISEKKURIN,
AM TETBIRIN LKEΣBA.
TTNAΓED A UBRAHEM,
TEKKRED AY IZEM !
HADER AK-TERREZ LEΣNAYA !
ILAQ A TBEGNED ISEM-IK,
AF AKA RUT YESSIK,
ASSIREKLI AR ABRID-A.
10
Ratissage à Taourirt
Femmes de Taourirt ! Sortez toutes de chez vous !
C’est l’encerclement de la médersa (par les soldats)
Hommes ou femmes qui que vous soyez,
C’est la loi du Roumi ! (du plus fort)
Bébé dans son berceau n’est pas épargné !
En faisant brûler les gourbis,
Nous savions qu’ils reviendraient
Nous aménager, là, une couchette1.
Puisque conduites au bâton
En sifflant,
Nous serons maltraitées, c’est évident !
Oh ! Mosquée bien aimée, lieu de prière
En ton enceinte, sommes bastonnées,
Et passées à la fouille.
Nos hommes mis en quarantaine, à la djemaa,
Les tôles font offices de portes.
Que de piquets arrachés !
Au fil de fer attachés,
En guise de fermeture (clefs).
Les femmes se sont mises à hurler/
au secours ! mon lieutenant !
1 les femmes font allusion aux violences que les soldats prépareraient
– ici allusion aux viols
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Commentaire de iferhounene (30/03/2008 23:34) :
Le présent ouvrage est dédié
à mes enfants, ma femme et les membres de la famille
et à toutes victimes de guerre du monde.
A mes amis :
Jean Boulanger
Docteurs Aït Saïd, Azouaou, Saad, Sellah,
Aux habitants des villages :
Iferhounene-Iril El Arbi-Tifilkout-Soumer-Souk El Had-
Ait Hammou-Ait Idir Ouali-Hadouche-Taourirt-
Aït El Mansour-Tikilsa-Aït Ouatas-Tizit-Mnea-
Boumessaoud-Ouerja-Tirourda-Berber-Tizi Guefres-
Ait ali ouyahia-Tizit-Tirourda
A Myriem (adlis), Ravah, Allou Omar Derouich
8
RRATISSAJ DI TEWRIRT
FFГEMT-D A SUT TEWRIRT !
D ASIREKLI N LEMDERSA.
AM YERGAZEN AM TULAWIN ;
BESSIF D ARUMI,
LLUFAN DI DDUH YEDDA.
ASMI I SSERГAYEN IΣECCIWEN,
NEHSA-TEN DDUKLEN,
DINNA I Г-HEGGAN LEBLASA.
MI Г-HARBEN S IГUNAM,
TTESFIR BDAN,
NESΣEDDI LEMHASBA.
LEDJAMEΣ ΣZIZEN I TZALLIT,
GI NETCA TIГRIT,
DEGS I Г-TNUDA FRANSA.
IRGAZEN ATNA DI TEJMAΣT,
LITUNE YEQQWEL D TIBBURA
ID, QELΣEN-D A Г-PIKIYEN
SA’SSI’LANE CUDDEN
WIDAK IDEGΣEN TISURA.
TILAWIN ARA TTMEDJIDET,
ARA SSAWALET I LYUTNA
9
NAГ LYUTNA D ARUMI,
SIWLEMT I REBBI
A Г-IΣIWEN DI FRANSA !
AXI D LFEDJEΣ A TARWIHT !
D ABAYU UMI YETTGALLA.
YEGGUL WELLAH UR YEHNIT
AD A D-AGMEMT DI TALA.
YEGGUL A TEGGUMT AГRUM
A TECQECREMT LBATATA.
IMI D-FFГENT TEMRABDIN
AMZUN D TISEKKURIN,
AM TETBIRIN LKEΣBA.
TTNAΓED A UBRAHEM,
TEKKRED AY IZEM !
HADER AK-TERREZ LEΣNAYA !
ILAQ A TBEGNED ISEM-IK,
AF AKA RUT YESSIK,
ASSIREKLI AR ABRID-A.
10
Ratissage à Taourirt
Femmes de Taourirt ! Sortez toutes de chez vous !
C’est l’encerclement de la médersa (par les soldats)
Hommes ou femmes qui que vous soyez,
C’est la loi du Roumi ! (du plus fort)
Bébé dans son berceau n’est pas épargné !
En faisant brûler les gourbis,
Nous savions qu’ils reviendraient
Nous aménager, là, une couchette1.
Puisque conduites au bâton
En sifflant,
Nous serons maltraitées, c’est évident !
Oh ! Mosquée bien aimée, lieu de prière
En ton enceinte, sommes bastonnées,
Et passées à la fouille.
Nos hommes mis en quarantaine, à la djemaa,
Les tôles font offices de portes.
Que de piquets arrachés !
Au fil de fer attachés,
En guise de fermeture (clefs).
Les femmes se sont mises à hurler/
au secours ! mon lieutenant !
1 les femmes font allusion aux violences que les soldats prépareraient
– ici allusion aux viols
sihadj.abdenour@hotmail.com |
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Commentaire de sihadj.abdenour (21/04/2008 23:10) :
Iferhounene : passé et présent
Par
Abdenour si hadj mohand
« C’est un village typique de l’habitat rural méditerranéen par sa
situation sur un « éperon ». La vie n’y est sans doute pas très différente
de celle que l’on pouvait rencontrer un siècle plus tôt sur les bords de
tout le bassin méditerranéen. Cependant, c’est à 150 m de ce village que
j’ai vécu près de sept mois. C’est là que j’ai découvert la rude vie des
montagnards kabyles, où la faim n’est pas loin, et où la société moderne
n’a pas modifié les anciens usages et coutumes. En 1961, le village est
très peuplé, car il abrite des personnes déplacées » Ce sont là les phrases
d’un soldat français, chasseur alpin pour décrire sommairement la vie dans
sa simple expression, primitive aux yeux de cette puissante coloniale
développée et injuste en même temps pour ce peuple sortie de la légende des
siècles.
Ajourd’hui le village ne ressemble plus à ce qu’il était il y a 50 ans.
Cela, vous diriez, est tout à fait normal puisque les choses ont depuis,
beaucoup évolué. Moi j’ajouterai, si vous le permettez, dans quel sens, en
mettant un point d’interrogation, toujours avec votre permission.
En plus de ses habitants propres, il y a de ceux des villages avoisinants
qui sont venus s’y installer. Les raisons sont multiples. Nous ne citerons
que la recherche d’un emploi qui semble pourtant aussi pénible à trouver
que dans les fonds fins des ravins escarpés où se dissimulent depuis la
nuit des temps ces villages éparpillés ….Tikilsa , Taourirt , Ait Ali
OUAYAHIA ,Mnea , Ait Ouatas , Tifilkout , Zoubga, Soumer ,Tirourda. A cet
égard, Iferhounene, géographiquement semble jouer le chef d’orchestre dans
cette symphonie de villages.
Les activités socioéconomiques de l’Administration étatique : mairie,
daïra, hôpitaux, lycées et dans un passé éloigné, le souk el fellah, la
capcs, la sempac,ne pouvaient venir à bout d’une population qui croit vite
et qui est livrée à elle même , sont à ce titre trop maigres pour l’occuper
et lui assurer la nourriture quotidienne.
Il y a aussi quelques artisans, essentiellement des ferronniers, des
menuisiers. Mais le plus gros reste les alimentations générales, les
boucheries et les marchands de linge de toutes sortes. Qu’à cela ne tienne,
le chômage, dans cette région donne des signes criards, et nous livre
cette triste impression de régner en maître absolu. Pour s’en rendre
compte, il vous suffit d’observer les déplacements presque au hasard des
citoyens de ce douar, autrefois vénéré, LES ATH YETSOURA,, et les longues
files de stationnement des fourgons qui nous suggèrent ironiquement qu’ils
sont alignés là comme pour inviter l’esprit des jeunes montagnards
candidats au mieux à l’exil , au pire au suicide , pour quitter
définitivement cet horizon fermé.
La visite du chef du gouvernement dans cette localité enclavée, remonte à
une époque lointaine, et le rythme de développement n’a depuis pas changé.
Hormis l’artisanat traditionnel, en phase de balbutiement, aucune autre
activité n’est à signaler. Au contraire , certaines professions libérales
tentées de s’ y accrocher , comme les avocats , les bureaux d’études et d
engineering , les dentistes , les entreprises , les librairies , ayant vite
compris que le marché n était pas porteur, se sont empressées de fermer
boutique. A Iferhounene, l’état a beaucoup à faire, Pour ne pas dire que
tout reste à faire, pour lui, tant la région est naturellement loin d’être
gâtée par Dame nature. L’agriculture, limitée aux arbres fruitiers, obéit
aux caprices de la météo, et est mise à rude épreuve par le décalage des
saisons. Nous sommes à plus de 1000 mètres d’altitude, l’hiver s’installe
furtivement et la neige guette, pour étouffer de son épais tapis blanc les
embryons de fruits qui aident le rustique kabyle à vaincre la faim. Passons
sur les énergies dépensées pour se procurer vivres et moyens de chauffage
pendant ce temps que dure cette saison glaciale, brumeuse et stressante.
Les malades quant à eux, peuvent attendre que le sol se déshabille de son
manteau blanc pour permettre aux véhicules à quatre roues de pouvoir enfin
reprendre leur piste sans faire du surplace ou du patinage sur glace.
L’hiver passé, le printemps habille le relief de son habit verdoyant, mais
cette mine grise va-t-elle enfin quitter ces visages des quinqui genti ? On
attend l’été, quand le soleil brûlant vous réchauffe les os pour sortir de
cette léthargie, et tenter de l’atteindre en escaladant le pic du zénith.
C’est l’inespérée, unique, mémorable, lénifiante occasion qu’offre AZRO N T
HOR, le Pic du Zénith, aux jeunes filles pour rêver de leur nuit nuptiale.
Quant aux jeunes males, ils continueront à voyager dans leur rêve, aveugles
devant la beauté de nos femelles.
http://iferhounene.dzblog.com
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Commentaire de kadi tayeb (24/02/2009 16:08) :
décidaient toutes les actions, en présence bien entendu
d’un effectif nombreux de harkis et de goumiers. Ces derniers
étaient plutôt connus pour leurs violences gratuites
sur des femmes soupçonnées de servir les fellaghas.
Enfants insouciants et innocents, la colère et la trouille
sont devenues notre pain quotidien. En sortant de chez
nous à quelque mètres du barbelé qui cerne le village,
l’impression de liberté que nous avions ressentie est vite
effacée par ces phrases assassines prononcées par des soldats
français de souche européenne, reconnaissables à leur
accent « a iefehounene, aya ats tcham izzan » traduit en
kabyle cela voulait dire « habitants d’iferhounene venez
manger de la merde ! Rien que cela, les leçons que les
harkis ont apprises à ces jeunes français pour nous narguer
comme si la précarité de la vie n’était pas suffisamment
dure à supporter. cette phrase m’avait tué de rage, de sucroit
quand ma mère et mes frères et soeurs comprenaient
bien ce que cela voulait dire d’une part, et, que d’autre
part, elle renseignait, en la circonstance sur le cynisme
sadique du chef de cette horde de mal élevés, de voyous en
uniformes.
La section de Pelardi, peut être au nombre de 8 ou 12
éléments, était là alignée pour s’assurer que les ordres
donnés par WOLF et consorts étaient appliquées à la lettre.
En d’autre termes que ces femmes, ces vieillards et ces
enfants en très bas âge ont obéi aux injonctions de quitter
sans délai, le village.
Apres nous avoir expulsé du village, pour le motif que
nous étions une famille de fellagha, les gradés du camp
d’iferhounene allaient, du moins le pensaient ils, poursuivre
leur entreprise de pacification du village, encouragés
pour cela par certains écervelés de harkis, du genre Moahdn
Timira (ou Mohand Ath Mira) du village de Tizi
N’Kqalus qui continuait même après son arrestation à
k_tayeb74@yahoo.fr |
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